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Conseil municipal du 13 octobre 2017

Imprimez !
14 octobre 2017
Alain Lipietz

Le maire et la Cgt bloquent de nouveau le Conseil municipal

Une fois encore, le maire a préféré annuler un conseil municipal plutôt que de rouvrir le dialogue avec les syndicats.

Nous avions pourtant bien travaillé en amont : c’était le vrai conseil de rentrée, avec plusieurs votes nécessaires au fonctionnement du mouvement sportif, de la Ressourcerie. Nous avions fourbi nos arguments sur de nouvelles opérations immobilières contestables.

Ça commence mal

Avant même de commencer, après l’appel, le maire nous prévient, pète-sec : « Je m’en tiendrai strictement à l’ordre du jour ». Traduction : il vient de constater que deux membres de sa pseudo-majorité sont physiquement absents et que donc, une fois encore, les oppositions sont physiquement majoritaires et peuvent, en se levant, « faire sauter le quorum » et interrompre les débats. Il démarre en position de faiblesse et veut empêcher qu’on impose un débat de la Bourse du travail.

Et il enchaine : « Premier point. Adoption des comptes rendus des séances précédentes. » La salle, hilare : « C’est pas à l’ordre du jour ! » Franck le Bohellec lit sa feuille, affolé : il a oublié d’inscrire ce point à l’ordre du jour ! Comme il a oublié d’ailleurs un second point qui, lui, est obligatoire : l’examen des « décisions prises par le maire par délégation du conseil ».

Très père-fouettard, il croit tenir sa revanche : « Bon, puisque c’est comme ça, on n’examinera pas non plus les décisions prises en délégation. ». La salle, indignée, se recrie : « Mais ça, c’est la loi ! » Et là, pas question de laisser passer.

De quoi s’agit-il ? De décisions qui relèvent normalement du « législatif » (le conseil municipal), mais que le maire a le droit de prendre, entre deux réunions, « par délégation du Conseil municipal ». Une liste votée en début de mandat (en 2014) : nous avions simplement repris la liste précédente, celle de Mme Cordillot, qui déléguait tout ce que permet la loi. Mais alors, le conseil doit les contrôler « a posteriori », dès la réunion du conseil municipal suivante. Le dernier conseil « régulier » (si l’on ose dire) ayant eu lieu le 12 juillet, la liste des décisions de l’été est longue comme le bras. Et en refusant d’en rendre compte au conseil, le maire s’expose à les faire toutes annuler. Il capitule et ouvre le débat sur ses décisions.

Et tous les groupes d’opposition de critiquer point par point telle ou telle décision plus ou moins bizarre. Notamment de mystérieuses dépenses en « assistance-conseils » diverses et variées, alors que normalement les services de la ville sont tout à fait capables de s’en charger. Au total, il y en a pour une centaine de milliers d’euros !

Parmi les décisions, il y a aussi des grilles de tarif pour les services de cantine, les activités sportives, culturelles, dont les montant sont « renvoyés en annexe »… et on ne nous a pas fourni ces annexes ! Or c’est un principe constitutionnel fondamental depuis la révolution américaine de 1776 : « Pas de contribution sans représentation ». Ce n’est même pas « délégué au maire » sauf si le conseil municipal a voté au préalable des limites à ces contributions non-fiscales. L’ex-maire adjoint aux finances, Philippe Vidal, récemment passé dans l’opposition, caresse donc le rêve de retirer au maire ses délégations, comme le prévoit la loi. Mais pour cela il faudrait une majorité d’une voix, et alors pourquoi garder ce maire ? Toujours le même problème…

Très maladroitement, les adjoints répondent, le plus souvent à coté de la plaque.

Je pose au nom du groupe une dernière question : « Monsieur le maire, il y a une décision que vous avez prise cet été et que je ne vois pas dans la liste. Celle de payer un cabinet d’avocat et d’intenter un procès en référé pour faire expulser les syndicats et vendre la Bourse du travail. Supposons que certains d’entre nous aient envie d’attaquer cette décision en justice. Pouvez-vous s’il vous plait nous donner son numéro et sa date ? »

En réalité nous savons bien que le délai de deux mois, limite pour déposer un recours administratif, comme l’ont fait les syndicats, est passé. C’est pourquoi sans doute le maire n’a pas organisé de conseil régulier en septembre (tactique classique selon l’association Anticor.) Veut-il nous pousser à aller au pénal ?

Masque toujours fermé, le maire annonce : « Je prends l’engagement solennel que je vous répondrai par écrit et que vous aurez ces annexes. ». Comme d’hab. Il n’en fera rien, nous le savons, et il sait que nous le savons.

Et là dessus un syndicaliste intervient depuis le public pour demander la parole.

Et c’est reparti…

Aussitôt des banderoles sont déployées par des syndicalistes sortis du public : « Non à la vente de la Bourse du travail ». C’était inévitable…

Le maire doit alors prendre une décision tactique. Donner la parole : il y en aura pour dix minutes. Non, il choisit encore une fois l’affrontement. Il refuse. Les syndicalistes se mettent à scnader « Et la Bourse ? Elle est à nous ! » empêchant, physiquement, pour la seconde fois, le déroulement d’un conseil municipal.

Le maire déclare une suspension de séance (donc : 15 minutes maximum) et sort, suivi par la droite. L’opposition reste en place, assurant le quorum…

On poireaute, oppositions, syndicalistes et public villejuifois. Vers dix heurs du soir j’envoie un sms au maire pour savoir si on peut partir. Il réponds en nous demandant d’attendre : il n’a donc pas l’intention d’arrêter le conseil.

Entre groupes d’opposition (sur l’affaire de la Bourse du travail, de JF Harel ex UDI à La France Insoumise en passant par le PC, le PS, La République En Marche et nous, on travaille main dans la main) nous décidons de donner la parole aux syndicalistes. C’est le secrétaire de l’Union locale CGT qui nous explique ce que nous savons déjà.

Là-dessus le maire rentre avec la droite, sans explication. Qu’ont il fait ? Le maire a-t-il demandé le concours de la force publique pour faire évacuer la salle du conseil ? S’est-il fait envoyer sur les roses par le préfet, excédé par son incapacité à négocier, alors qu’il ne représente plus grand monde ?

Les syndicalistes redemandent la parole. F. Le Bohellec fait comme s’ils n’étaient pas là, et donne la parole à une adjointe. Les syndicalistes reprennent leur slogans et couvrent sa voix par un vacarme épouvantable. Le maire proclame le conseil municipal terminé. Au moins, cette fois, il ne pourra pas dire qu’il n’y avait plus le quorum et qu’il reprendra sans quorum…

Notre appréciation

Malaise dans les oppositions (sauf un élu communiste, lui-même syndicaliste, qui a scandé avec eux). Nous nous retrouvons dans la même situation qu’il y a deux ans : sur le fond et sur la forme, tout est de la faute du maire. Et cette fois, il n’y a plus une première adjointe comme Natalie Gandais comme médiatrice, obtenant la réouverture des négociations.

Mais les syndicalistes (cette fois uniquement CGT) ne se rendent pas compte que leur réaction se trompe de cible. Ils viennent encore une fois d’empêcher une assemblée élue de se réunir. Un conseil municipal, composé presque à égalité de partisans du maire et d’opposants, qui doit traiter d’un tas de problèmes immédiats pour la vie de la commune, n’a pu se tenir du fait de leur manifestation. Ce qui est grave, d’un point de vue républicain. Ils ont encore une fois confondu une réunion de la représentation populaire avec le bureau d’un patron-voyou. D’ailleurs les syndicalistes salariés de Villejuif sont restés dans le public…

Nous devions voter par exemple plusieurs subventions importantes et urgentes pour le mouvement associatif , et pour la Ressourcerie, qui rouvre ses portes tout ce week-end.

Il est tard. Deux d’entre nous filons à la Ressourcerie qui organise une fête pour la relance de ses activités, après le saccage dont elle a été victime (et pour laquelle nous devions lui voter cette subvention exceptionnelle). Nous y retrouvons, autour de la nouvelle équipe, des bénévoles de Villejuifois solidaires, des Étales solidaires, de La Grande Ourse, Djamel de la France Insoumise et Elvire (ex verte de Villejuif , aujourd’hui à Ivry)…

Villejuif-institution est en panne. Vive Villejuif–associations !

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Commentaires

2 Messages

  • Alain Lipietz 17 octobre
    11:14

    Il y a un joli article dans Le Parisien sur la réouverutre de la Ressourcerie, le samedi après-midi. C’était en même temps que l’AG du SEL et la conférence d’Agir à Villejuif sur les perturbateurs endocriniens. Malgré la répression de la ve citoyenne, associative, artistique ou syndicale , par le maire et ce qui lui reste d’affidé.e.s, Villejuif bouge encore...
    A La réouverture de la Ressourcerie, nous retrouvons Vanina, qui nous raconte l’arrivée de Mom’artre à Tolbiac. Quand on pense que nous avons failli l’avoir à Villejuif !

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  • kartoum94 18 octobre
    09:45

    La CGT se croit tout permis. Je ne crois pas qu’ils représentent la majorité des villejuifois, par contre oui en investissant le hall de la mairie ce qui a bloqué le service public pendant une demie journée et en interrompant le conseil municipal d’une manière extra démocratique, ils agissent uniquement pour leurs propres intérêts.

    La commune est endettée, à cause justement des amis de la CGT qui étaient avant au pouvoir, désormais il faut bien trouver de l’argent pour repartir vers le haut. La bourse du travail coute plus de 100 000 euros par an au total au contribuable, et nous devrions dire amen ? Finis les privilèges.

    Je soutiens entièrement monsieur le maire sur ce point précis, une décision de justice a été rendue, elle sera appliquée un jour ou l’autre.

    C’est difficile d’abandonner des privilèges-acquis-dus de longue date, mais à un moment, il faut bien que ca cesse.

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