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Conseil municipal du 10 juillet 2017

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16 juillet 2017

ZAC Aragon. Le maire s’achète toujours une majorité

S’étant affranchi du règlement intérieur du conseil municipal, le maire impose la déclaration d’utilité publique pour la ZAC Aragon et refuse le voeu sur les "salaires amputés". Et Mme Cordillot veut revenir au PLU de 2013, encore plus bétonné.

Ce conseil municipal du 10 juillet était la suite du conseil interrompu illégalement par le maire le 5 juillet. Lors de la réunion de sa faction, ils avaient probablement calculé la date de cette seconde partie du débat pour y redevenir majoritaires. Et ils y sont parvenus (grâce au ralliement de 4 élus sur 7 de l’ancien groupe VillejuifNOTREVille de Ph. Vidal, devenu groupe La République en Marche).

De notre côté, il fut plus difficile de battre le rappel : trois d’entre nous ne pouvaient plus modifier leurs engagements de l’été. Et nos élues présentes étaient épuisées, ayant passé la nuit à écoper l’inondation de leur domicile par l’orage ! Mais de toute façon, si JF Harel reste dans l’opposition, les deux derniers « ralliés » du groupe Vidal suffisent à assurer une majorité à la droite en échange des postes de maires-adjoints et de l’indemnité qui va avec. Ne jugeons pas : « Chacun a ses raisons ». Mais cette « majorité » à la droite de la majorité présidentielle, qui ne représente plus que 11% des voix villejuifoises aux dernières élections, reste en place… grâce à l’argent, tout simplement.

Le règlement intérieur aux oubliettes

Dès le début de cette séance, les opposants ont clamé leur indignation de voir le maire s’asseoir sur le règlement intérieur du conseil municipal. Réponse de MMlMMM (Moi Monsieur le Maire Maitre du Monde) : « Je suis le président de séance, j’assure la police de la séance. » Certes, mais cela veut dire : le devoir, pour lui, de faire appliquer le règlement, même si ça l’embête en tant que chef de la droite !

En particulier, on s’indigne que le vote sur la rénovation de Lamartine, lancé électroniquement alors que les groupes d’opposition avaient fait valoir leur droit à une suspension de séance pour écouter la délégation d’habitants, et qui n’avait recueilli qu’une minorité de 20 voix (les autres étant comptée comme « ne prenant pas part au vote » ! ) soit considéré comme acquis. Mais MMlMMM s’en fiche.

La suite est à l’avenant : le maire n’accorde plus la parole aux opposants et lance les votes électroniques, incontrôlables. Car nous n’avons aucune confiance dans la machine à voter installée par le maire, et dont on a pu constater les fantaisies la séance précédente, à la faveur des votes de Sophie Taillé-Polian… qui était en retard et n’avait pas laissé de procuration à quiconque !

Ivres de fatigue, nos vaillantes élues ont néanmoins défendu nos positions.

ZAC Aragon : retour des expropriations

Deux débats méritent d’être racontés. D’abord sur la ZAC Aragon, pour laquelle MMlMMM exige une Déclaration d’utilité publique (DUP), c’est à dire le pouvoir d’expropriation au profit de l’aménageur, la Sadev. Pour nous, cette ZAC n’est aucunement d’utilité publique, parce qu’elle ne respecte pas les 25 % de logements locatifs sociaux (la Sadev n’y parvient qu’en multipliant les chambres-étudiants et en y ajoutant les accessions sociales à la propriété), parce qu’elle ne prévoit aucun équipement public, si ce n’est une contribution de 1,2 million à la construction de l’école des Réservoirs très inférieure à ce qui est la norme.

1,2 million, ça correspond à peine à une seule classe de l’école des Réservoirs (qui coûte environ 20 millions pour 17 classes). Or selon l’étude des prospectives scolaires, il faut compter en moyenne 0,24 enfant par nouveau logement, il en est prévu 700 sur Aragon, donc cela fait dans les 168 enfants, donc 6 classes. On peut également comparer avec ce qui est demandé pour les Partenariats Urbains (PUP), comme Isabelle Hamidi, ancienne présidente de l’Association des riverains, l’a fait dans son intervention auprès du commissaire enquêteur.

Mais bien sûr le point le plus à vif est le droit d’expropriation accordé à la Sadev.
Rappelons que la mobilisation de ce quartier a joué un rôle important dans la victoire en 2014 de l’Union citoyenne, dont toutes les 4 listes composantes, y compris un certain Frank le Bohellec, s’étaient engagées, devant l’Association des riverains (photo-souvenir ici !), à ne pas recourir à l’expropriation, et que sitôt élue l’Union citoyenne a informé le préfet de sa volonté de ne pas faire jouer la DUP que l’équipe de Mme Cordillot avait fait voter. Mais voilà : ayant répudié tous ses engagements et les valeurs qui l’ont fait élire, MMlMMM a besoin de ce symbole de son revirement.

La DUP est bien sûr adoptée. Heureusement, le commissaire enquêteur, dans son rapport a explicitement demandé de procéder à l’amiable avec les derniers habitants encore en place sur le terrain. C’est d’ailleurs la ligne de conduite du promoteur… mais pas du tout celle du maire ni de l’aménageur Sadev, de plus en plus menaçant. Le combat continue.

Le commissaire critique en outre le tour de passe-passe sur les 25% de logements sociaux et émet des doutes (prémonitoires ! ) sur la participation de la Sadev à l’équipement scolaire nécessaire.

Le plus ennuyeux dans ce débat est la prise de parole de l’ancienne maire, Mme Cordillot. Soulignant le mécontentement de toute la population devant la poussée des constructions nouvelles, elle prétend que c’est la faute du nouveau PLU, voté en décembre 2015, et qui vise justement à « dédensifier » Villejuif par rapport au PLU de 2013 ! Justement : même si des discussions amiables ont eu lieu pour diminuer la densité et les hauteurs des immeubles dont les permis ont été déposés jusqu’en décembre 2015, les bâtiments sortis de terre depuis 2014 sont le fait de permis de construire conformes à son PLU à elle, valable du 1er janvier 2014 au 1er janvier 2016 !

Ce qui confirme ce que les Villejuifois redoutent (et ils nous en parlent abondement) : si Mme Cordillot revenait au pouvoir, on reviendrait au PLU 2013, justement ce dont ils voulurent se débarrasser en congédiant l’ancienne équipe. Cette menace du « retour de la politique Cordillot » pèse aujourd’hui lourdement contre toute volonté de changement à Villejuif. Or jusqu’à présent ni la PCF ni le PS Villejuifois n’ont fait l’analyse publique des causes du rejet dont ils ont été victimes de la part des électeurs.

L’affaire des salaires amputés

Rappelons qu’une douzaine d’agents ont vu, en mai, leurs rémunérations amputées, parfois d’un tiers. Les oppositions se sont entendues pour : d’une part une commission d’enquête municipale (c’est de droit), d’autre part un vœu demandant que le maire mette à l’ordre du jour de la prochaine séance une délibération rétablissant les rémunérations antérieures. C’est ce vœu qui vient au débat à la fin de ce conseil. (Tous les détails ici).

Le maire refait un tir de barrage, refuse la commission d’enquête et refuse de mettre le vœu aux voix ! Arguments ? « Le vœu n’est pas conforme, c’est la faute au trésorier payeur, moi je m’engage à faire tout mon possible pour régler l’affaire… » Toujours les mêmes histoires, auxquelles plus personne ne croit : depuis deux mois le maire a été incapable d’exhiber la lettre du trésorier payeur, et les informations filtrant de la trésorerie confirme que c’est bien lui, MMlMMM , qui a d’autorité réduit les salaires d’agents très dévoués à la population mais qu’il a pris en grippe (comme presque touts les agents).

L’opposition ne peut rien faire face à ce refus de mettre le vœu aux voix, et de toute façon ça n’a plus d’importance : même si le vœu était voté, MMlMMM s’en ficherait autant que du règlement intérieur du conseil municipal.

Mais ce débat est l’occasion d’un incident pénible. Mme Loudière, maire-adjointe aux ressources humaines de l’ancien groupe VNV, qui est absente mais qui a donné sa procuration à la droite, fait également lire une lettre. Elle y déclare qu’elle n’est pour rien dans cette amputation des rémunérations, qu’elle n’était pas au courant. Mais, personnage dostoïevskien, elle reste dans la majorité… où elle touche son indemnité de maire-adjointe en charge du problème !

Un jour peut-être cette « majorité » craquera. De honte.

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Commentaires

2 Messages

  • Alain Lipietz 16 juillet
    02:10

    Comme on vient de le voir, le maire ne demande plus à la Sadev que de financer une part infime des classes correspondant à la ZAC Aragon. Mais nos inquiétudes se confirment aussi sur la ZAC Campus Grand Parc : il semble bien que l’un des deux groupes scolaires prévus en 2015 sur cette ZAC soit également abandonné, d’après un article du Parisien.

    Nous avions justement signalé cette inquiétude auprès de Mme la commissaire enquêtrice… dont on attend toujours le rapport, prévu pour mai dernier ! De même, nous avons appelé l’attention du conseil du Grand Orly Seine et Bièvre sur ce « détail »…

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  • Sylvie 17 juillet
    09:31

    En plus de son smartphone qu’il tapote sans arrêt, le maire est maintenant planqué derrière les nouveaux écrans ; il prête donc encore moins attention à ceux qui lèvent la main pour prendre la parole et ne la leur donne que quand ils crient très fort. Et puis désormais il ne la leur redonne pas pour répondre aux réponses qu’on leur fait, ce qui ne motive pas vraiment à intervenir -et ne change rien pourtant à la durée des séances, celle-ci, démarrée à 17h, s’est achevée à 23h ! Mais comment font-ils dans les autres villes ?...

    En plus de la ZAC Aragon, Monique Lambert-Dauvergne a apporté le point de vue de l’experte sur la circulation à vélo -à quand l’application intégrale du plan vélo ? Mme Cordillot a remarqué que certaines populations étaient peu enclines à utiliser ce mode de transport -ce qui est vrai mais on pourrait y remédier, on avait pensé faire venir le chantier d’insertion Le Rayon vert, (grand succès à notre matinée Economie sociale et solidaire !), qui apprend aux gens à circuler en vélo et à entretenir et réparer leurs bécanes.

    En fait les élus manquent cruellement d’imagination, de créativité, et du travail qui va avec. A quoi sert de dire, comme M. Mille, que depuis les émeutes la police ne poursuit pas en voiture les jeunes qui pourrissent la vie des habitants avec leurs rodéos en scooters ? Villejuif a la chance d’avoir un moto-club, des chargés prévention et prévention routière expérimentés, une police municipale dite de proximité, ne serait-il pas possible de monter des activités et actions de sensibilisation pour les ados et jeunes adultes (et non pas seulement toujours pour les enfants ?).

    De même, sur l’indigence des aides aux projets associatifs, il était un peu triste d’entendre M. Mostacci dire qu’il les attendait, les projets. On peut aussi rencontrer les associations, susciter et créer des actions avec elles en fonction des besoins de la population, puis en les accompagnant -pas comme les épatantes Toiles d’Edolon qui ont fermé boutique non pas, contrairement à ce qu’a dit Mme Casel, parce qu’on leur a refusé une projection de leurs documentaires dans le part du 8-Mai, mais depuis un an toute autre proposition de projection et tout projet dans un autre quartier.

    On souhaite à nos élus de bonnes vacances, ça ne les changera pas beaucoup. Quant aux vœux, bien sûr il aurait fallu dire que la diminution des salaires de certains agents s’accompagnait de dégradations infamantes et créant des situations qui handicapent encore plus le fonctionnement de la mairie etc... Mais la lassitude l’a emporté, ces conseils municipaux ne sont que des chambres d’enregistrement qui ne font rien avancer du tout.

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