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15 juin 2017
Sylvie Thomas

Djamel Arrouche : « Il faut faire confiance aux milieux populaires »

Une interview par Sylvie Thomas

Le candidat de la France Insoumise affronte au second tour des législatives la représentante En marche d’Emmanuel Macron. On le confond souvent avec son frère Fayçal, ex-adjoint aux finances, qui n’a jamais été encarté ! Pourtant ce militant de 44 ans, qui avait déjà fait 5 % aux cantonales comme représentant du Parti de Gauche, affirme sa différence, écologique notamment.

Vous avez fait 18 % au premier tour, le parti communiste 12 %. Le PC aujourd’hui c’est presque « Arrouche m’a tuer »…
Je ne veux tuer personne ! J’ai juste une autre vision de la démocratie, qui repose sur l’horizontalité, la participation, la délibération pour la recherche de consensus et où ce ne sont pas les permanents qui décident et les autres qui exécutent. Ainsi, dans les années 2000, s’est créée Villejuif en mouvement(s). J’ai du, avec l’association, porter la voix des associations de quartier pour inscrire sur le territoire de Villejuif la mémoire de l’immigration et la reconnaissance du massacre du 17 octobre 1961. J’adhère au Parti de Gauche depuis 2009, et je souhaite renouveler les pratiques militantes.

D’où vient votre engagement ?
Ca a démarré très tôt, par de l’aide aux devoirs. Je connais les associatifs, je suis l’un des leurs. J’ai déménagé de Julian Grimau à Duclos, j’ai étudié à Cachin, Guy Môquet, Darius Milhaud. Mes quatre enfants suivent le même parcours. Aujourd’hui je suis professeur de sciences sociales, je connais le monde de la culture, je suis marié à une écrivaine*. Je suis un pur produit de la méritocratie républicaine, je veux rendre ce que l’école m’a donné.
Je me bats pour le maintien et l’ouverture de classes, les bureaux de poste, la défense des services publics. Je serai un député militant qui combat au quotidien auprès des populations. Je ne serai que le représentant de ceux qui m’ont porté. Je suis très heureux dans ma vie, je n’ai pas envie de faire carrière en politique ! Mais je ne peux pas vivre sur mon îlot de bonheur entouré d’un océan d’injustice et d’inégalités.

Qui avez-vous autour de vous ?
Des populations disparues des radars qu’on a vues réapparaître : les jeunes, les habitants des quartiers populaires. Nous remobilisons la jeunesse, très présente au premier tour de la présidentielle puis déçue du résultat. Le monde ouvrier faiblement qualifié, frappé de plein fouet par la précarité et le chômage, trouve un espoir dans notre programme. Des citoyens totalement invisibles ont émergé d’une façon incroyable. Il faut faire confiance aux milieux populaires. La personne la plus intelligente que je connaisse, c’est ma mère illettrée ! Je croyais que les discriminations, le mépris d’en haut, tout ça était derrière nous… Mes enfants sont crépus et basanés comme moi, aujourd’hui j’ai peur pour eux. La France, c’est nous aussi.

Serez-vous un godillot de Mélenchon ?
Je ne suis pas d’accord sur tout avec lui ! Mais le programme, l’Avenir en commun, a été construit de façon collaborative, avec les associations, c’est une véritable satisfaction. Notre projet est bâti autour de trois urgences, démocratique, écologique et sociale. On a besoin d’une opposition combative et constructive pour qu’il y ait place au débat. Nous ferons des contre-propositions, nous nous battrons pied à pied contre la casse du code du travail, la pérennisation de l’état d’urgence, la hausse de la CSG et la fin de l’ISF…
Nous sommes pour une VIème République construite à partir de citoyens tirés au sort, avec une assemblée constituante à laquelle on laisse le temps de travailler et un droit de révocation des élus. Nous ne sommes plus en 1958, le niveau éducatif a monté, il y a davantage de compétences, les gens sont conscients des enjeux et ont le sentiment de ne pas être représentés. Nous voulons rassembler tous les citoyens qui se reconnaissent dans les valeurs humanistes, progressistes, écologiques.

* Emmanuelle Bayamack-Tam, elle-même enseignante, auteure de neuf romans parus chez P.O.L.

Un candidat écolo-compatible ?

Interpellé par la candidate écologiste Marianne Jaouen, Djamel Arrouche a répondu par une lettre très détaillée.
La voici :

PDF - 606.6 ko

Ses propositions phares :

- Se battre pour la transition écologique, être une force d’appui à Nicolas Hulot.
- Fermer les vieilles centrales nucléaires.
- Faire preuve de volontarisme politique, donner une impulsion afin de promouvoir le développement durable et les énergies renouvelables en favorisant les entreprises innovantes, en créant les conditions pour les initiatives locales.
- Développer l’agriculture paysanne et biologique, aider les jeunes qui ont le désir de s’installer.
- Leur trouver des débouchés immédiats par une alimentation de qualité, en instaurant notamment des cantines bios gratuites dans toutes les écoles pour tous les enfants.

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Commentaires

6 Messages

  • Alain Lipietz 15 juin
    19:34

    Et un débat entre les deux candidats de second tour sur la chaine internet de 94-Citoyens !
    Cliquez ici.

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  • Ozer Oztorun 19 juin
    15:26

    Mme Thomas,

    Je trouve assez malhonnête de votre part de faire dire aux communistes ce qu’ils ne disent pas, avec une référence historique assez limite à travers votre question. C’est du niveau de la presse à sensation.

    Ozer Oztorun,
    Coordinateur de la section de Villejuif du PCF

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    • Sylvie 19 juin
      23:55

      Cher Monsieur Oztorun, lisez plus attentivement, à aucun moment le PC n’est cité, ni dans les propos de M. Arrouche ni dans mes questions qui valent ce qu’elles valent mais ne relèvent que de moi. Et ne le citant pas je ne vois pas comment je lui ferais dire ce qu’il n’a pas dit !

      Au demeurant, Il me semble que vous pourriez plutôt travailler à rattraper l’immense retard pris par votre parti depuis des décennies sur les prises de conscience des citoyens et qui le met effectivement et déplorablement au bord de la tombe.

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    • Alain Lipietz 20 juin
      00:29

      Dans l’urne de mon bureau de vote, au second tour, on a trouvé un bulletin fort bien imprimé : "La Mort. Le Néant". On e demande qui a pu prendre le soin de confectionner ça.

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  • Ozer OZTORUN 20 juin
    01:07

    Chère Madame,

    Je reconnais ici les méthodes de votre groupe.
    Décidément, vous ne changerez pas. Même après avoir perdu un procès en diffamation. Laissez le PCF faire son chemin, il continuera à être utile aux travailleurs, comme il l’a été durant des décennies.

    Cordialement,

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    • Sylvie 20 juin
      12:32

      Ah mais non je n’ai pas été condamnée pour diffamation (ce qui montre que nous n’avons guère de méthodes de groupe !) et, particulièrement pour les militants associatifs dont j’ai pendant deux ans apprécié l’investissement, je trouve dommage que le parti communiste se détruise par manque d’autocritique et de recul par rapport à ses propres méthodes. Parce qu’en fait vous avez raison ma formulation était inappropriée, le PC n’a besoin de personne pour le tuer il s’en charge très bien tout seul.
      Prenez soin de vous.

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