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16 février 2017
Alain Lipietz

Ce que nous savons de la mort de Thierry Holveck

Il y a une semaine mourait Thierry Holveck. Après le temps du deuil vient le temps des interrogations. Notre groupe a communiqué aux autorités ce qu’il savait, la presse avance dans son enquête. Nouveau point sur les pressions exercées sur Thierry, qui peuvent l’avoir poussé au suicide.

Thierry était un agent de la ville de Villejuif, gestionnaire d’installations sportives et responsable du gymnase Daniel Fery. Très engagé dans le mouvement sportif, depuis 24 ans il était entraîneur de volley. Il a longtemps entrainé les filles, et animait le baby-volley. Collègues, volleyeurs et parents de volleyeurs se souviennent d’une personne sympathique et gentille avec les enfants. Il était membre du bureau de l’Union Sportive de Villejuif depuis de nombreuses années.

Il a été retrouvé mort à son domicile mardi 7 février, le suicide étant l’hypothèse la plus probable.

Les raisons de tout suicide sont complexes, et il serait aussi présomptueux que réducteur de dire "voici ce qui l’a tué", et, encore plus inapproprié !, « ils l’ont tué ». Telle n’est nullement notre intention.

En revanche, en tant que président du groupe municipal "L’avenir à Villejuif", groupe ayant en particulier des représentants au Comité technique et au CHSCT, je me dois de tenter de reconstituer les évènements, les chocs dans sa vie professionnelle qui ont pu contribuer à son suicide, et de les restituer dans leur contexte.

Car d’une part le risque d’un suicide parmi les agents de Villejuif est ouvertement débattu depuis plus de 6 mois, et de nouveaux drames sont possibles. D’autre part existe le risque que certains collègues de Thierry Holveck culpabilisent ou soient montrés du doigt pour n’avoir su le retenir, ou que des élus se voient reprocher de ne pas avoir assez tiré la sonnette d’alarme.

C’est pourquoi j’ai communiqué à M. le Préfet du Val-de-Marne, à Madame la Procureure de la République de Créteil et à Madame la Sous-préfète de l’Haÿ-les-Roses les éléments dont nous disposions et pouvant contribuer à l’enquête, ainsi que les sources de ces informations, avec leur accord écrit.

L’article ci-dessous reprend ces éléments, déjà enrichis par l’enquête menée par Lucile Métout dans Le Parisien-94.

1. Les derniers jours de Thierry Holveck

Depuis quelque temps Thierry Holveck se plaignait de subir des pressions de la part du président du club de Volley, devenu président de l’Office Municipal des Sports, M. Château, ainsi que du maire-adjoint aux sports, M. Monin (parti LR). Ces pressions s’inscrivaient dans un contexte plus général dans la ville et plus particulièrement dans le domaine sportif : nous y revenons plus loin.

Évidemment, une politique de harcèlement de la part des employeurs ne vise certes pas à pousser un agent au suicide, mais plutôt à sa démission, en l’occurrence comme entraineur de volley. D’autres pressions étaient exercées sur son supérieur hiérarchique dans le personnel de la Ville pour l’évincer du gymnase Daniel Fery, centre de l’USV-Volley.

Cependant ce harcèlement avait, entre autres, pris la forme d’une rumeur particulièrement ignoble distillée parmi certains parents des jeunes enfants du volley. Après la mort de Thierry, une « attestation » de mère datant d’il y a deux ans a été évoquée. La compagne de Thierry Holveck, Nathalie, elle-même informée charitablement de la rumeur, a répondu vertement, et observe fort justement : « Quand on soupçonne des choses pareilles, on saisit la police. On ne se contente pas d’avertir le club. Qui a fourni l’attestation ? Dans quelles conditions ? »

Lors de la cérémonie des vœux de Villejuif, le 14 janvier, Thierry Holveck surprend M. Château en train de distiller la rumeur auprès de parents d’élèves. S’ensuit une vive altercation publique. Thierry Holveck est alors mis à pied en tant qu’entraineur du volley. Toutefois, il ne l’est pas en tant que responsable du gymnase.

Les parents du baby-volley en sont informés par ce SMS de l’USV-Volley, le 30 janvier :

Bonjour,

Suite à la mise à pied conservatoire pour faute grave, nous vous informons que monsieur Holveck n’encadre plus les séances d’entrainements de votre enfant, à partir d’aujourd’hui, lundi 30 janvier 2017.

Le club de volley, assure toutes les séances d’entrainement de votre enfant par monsieur Baccon.

Vous recevrez par email les explications de cette décision.

Nous restons à votre disposition pour plus d’informations.

Cordialement
USV Volley Ball

Naturellement, ces « explications par email » n’ont toujours pas été reçues à la date d’aujourd’hui. La mère d’un de ces enfants, membre de notre association, téléphone à l’USV-Volley. Une personne non identifiée la rassure : la mise à pied relève d’un conflit entre adultes, et non d’une faute grave avec les enfants.

Le samedi 4 février un match de volley a lieu dans le gymnase Daniel Fery. MM. Monin et Château prétendent en interdire l’entrée à Thierry Holveck. Ils appellent la police. T. Holveck présente aux policiers un papier signé du maire attestant qu’il est toujours le responsable des lieux. La police repart, agacée.

Le lendemain dimanche Thierry Holveck croise une mère d’élève ; il attribue sa froideur à l’idée qu’elle a pu être contaminée par la rumeur (si c’est le cas elle n’y est évidemment pour rien). Profondément affecté, il passera au cours de ce dernier week-end de longues heures au téléphone avec la présidente de l’USV-Union, Mme Hayotte, pour lui raconter sa perception de ces incidents et lui dire son désarroi. (Mme Hayotte, elle-même victime d’un harcèlement particulièrement sévère de la part de M. Monin, se soigne loin de Villejuif).

Selon le Parisien du 13 février], lundi 6 février Thierry est convoqué pour un entretien préalable à son licenciement.

Le mardi l’irréparable est consommé. Dans le personnel (en particulier au Pôle Animation de la cité), comme chez les usagers du volley, la consternation est générale. Sont particulièrement affectés le directeur des sports, nouvel arrivant, et son adjoint, ancien dans la Ville et ami proche de Thierry Holveck. D’autant que MM Monin et Château, qui ont donné l’ordre de la mise à pied, prétendent maintenant en rejeter la faute sur ces deux supérieurs hiérarchiques de Thierry Holveck.

2. Le contexte dans Villejuif

a. Contexte général

Le malaise des agents, relevé par les rapports annuels de la médecin du travail, de l’assistante sociale et de la psychologue du travail, ne date pas d’aujourd’hui ; il est bien antérieur au changement de majorité en 2014 et en a participé. L’Union citoyenne, fusion au second tour de 4 listes d’opposition dont la nôtre, s’était engagée à le prendre à bras le corps.

Hélas, dès le courant de l’année 2015 le dialogue social s’est fortement dégradé. En janvier 2016 l’Union citoyenne éclate, la tête de liste de notre groupe et 1ere adjointe, Natalie Gandais, ayant signalé à la Procureure de la République, conformément à l’article 40 du Code de Procédure Pénale, ses soupçons relatifs au marché de la Halle des sports.

La majorité désormais de droite peut alors lâcher la bride à une chasse aux sorcières contre le personnel, allant jusqu’à dénoncer dans la presse les turpitudes prêtées aux agents.

Au Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) du 21 juin 2016, les trois rapporteuses présentent un tableau encore plus catastrophique, évoquant le nombre élevé de personnes en congé maladie, notamment en dépression. Je m’inquiète des risques de « somatisation, maladies et suicides » et demande devant quelle autorité extérieure porter ces menaces sur la santé des agents, évoquant la Procureure de la république (page 16 du compte rendu du CHSCT). La psychologue nous répond qu’il faut d’abord aider les agents à reconstruire leur capacité d’agir. Toutefois, la demande d’appui psychologique de la part des agents va rapidement déborder la capacité de soins. En réalité, les agents les plus réactifs, parmi les plus dévoués et qui attendaient le plus du « changement », songent d’abord à protéger leur santé mentale… en quittant Villejuif.

Le directeur général des services, Bernard Salzenstein, recruté pourtant par le nouveau maire, sommé de procéder à la chasse au sorcières « sur liste », tombe lui-même malade.

Au conseil municipal de juin 2016, Natalie Gandais et moi-même ainsi que d’autres élus d’opposition répercutons les avertissements de la médecin, de la psychologue et de l’assistance sociale. J’évoque explicitement les risques de suicide, ce qui déclenche un vif débat avec la droite sur l’expérience de France-Telecom, quant au lien entre harcèlement et suicides.

À partir de ce moment, les évènements se précipitent, le maire renvoie le DGS, les syndicats écrivent au Préfet du Val de Marne pour l’informer de leurs craintes.

b. Plus particulièrement dans le services des sports

Sans que le conseil municipal en ait jamais débattu, le maire et son adjoint aux sports annoncent aux clubs le remplacement de l’Union Sportive de Villejuif par un Office municipal des sports. Des pressions sont exercées sur le bureau existant de l’USV, particulièrement brutales vis-à-vis de sa présidente ; des clubs voient leur direction modifiée, de nouveau clubs sont créés en vue d’une prise de contrôle par le groupe municipal du maire, NDPV. (Voir par exemple sur le facebook NDPV, au 26 octobre, de droite à gauche entourant le jeune footballeur : Monsieur Willy Rappon, nouveau président de l’USV football, F. le Bohellec, maire, Monsieur Bernard Château, nouveau président de L’OMS, et Michel Monin , adjoint aux sports).

En juin 2016 cette politique est officialisée, les affrontements avec les ancien(ne)s animateurs de l’USV pour le contrôle du sport à Villejuif deviennent encore plus brutaux. Le président du Volley, M. Château, reçoit la présidence de l’OMS. M. le Maire annonce l’accueil d’une équipe semi-professionnelle de Volley. Le club de volley reçoit une subvention de 85 000 euros de la part du groupe LR du Conseil départemental.

Cette annonce entre d’ailleurs en résonance avec le choix de l’architecte pour la Halle des sports. Un des arguments du maire et de son adjoint M. Monin en faveur du projet Tougeron-Demathieu et Bard était la question des accès. Selon eux, il fallait prioriser l’accès du public de plain-pied vers les tribunes pour des spectacles sportifs, donc un gymnase semi-enterré. De même : ne pas avoir de skydome au plafond, pour éviter que les volleyeurs ne soient éblouis pendant une compétition. Ces exigences (en fait des prétextes), donnant la priorité au sport de compétition et de spectacle, contradictoires avec les intérêts des usagers les plus fréquents du futur gymnase (les scolaires et amateurs), mais qui furent soi-disant décisives dans le choix de janvier 2016, seront ultérieurement abandonnées.

Thierry Holveck fut-il victime de ce combat multiforme pour changer l’encadrement et l’orientation du sport à Villejuif, en particulier dans ce secteur « stratégique » du volley ? Partisan du sport de masse (scolaire, de loisir, de santé), il aurait manifesté peu d’empressement pour la professionnalisation du Volley à Villejuif. D’où le harcèlement en vue de sa démission ?

A ce jour, le maire n’a pas donné suite aux deux courriers du syndicat réclamant la tenue d’un CHSCT exceptionnel.

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Commentaires

10 Messages

  • Natalie Gandais 16 février
    20:30

    La CGT des territoriaux de Villejuif a publié deux messages, l’un le 8 février pour annoncer le décès de Thierry Holveck et l’autre, le 13 février, pour crier sa colère et réclamer la vérité sur les causes de cette mort violente, notamment par la réunion du CHSCT.

    Quand à la maire adjointe en charge du personnel municipal, par un message du 15 février elle confirme qu’il était unanimement apprécié. Il n’y avait donc aucun motif, pour la ville pour le licencier ?

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    • Votre nom 17 février
      09:32

      Il n’était pas du tout question d’une mise à pied par le service des sports, il a juste eu un avertissement ( sanction la plus faible dans le FPT) suite à son altercation avec M. Château aux voeux du Maire.
      Vérifier vos sources !

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      • Alain Lipietz 20 février
        11:54

        Sur la réunion du lundi matin, la source citée par notre synthèse est Le Parisien du 13 février. Nous ne vous cachons pas que ce point nous a interrogé, car pour une tragédie intervenue le mardi, comprendre la journée de lundi est importante. Encore une fois, l’important pour nous, désormais, est de contribuer à rasséréner ses proches, collègues et supérieurs qui peuvent se demander « ce qu’ils ont fait ou n’ont pas su faire ». Et de prévenir de nouveaux drames.

        Il faut d’abord rappeler, comme nous le faisons depuis le premier jour, que Thierry Holveck avait DEUX « employeurs ». Comme entraîneur de volley : le club de Volley affilié à l’OMS. Et comme responsable du gymnase Daniel Fery : la Ville de Villejuif.

        L’article du Parisien que nous citons ne précise pas quel employeur l’aurait convoqué lundi 6 pour un « entretien préalable au licenciement », mais parle de « la Maison des sports », donc de l’OMS, pas de la Ville. Nous ne pouvons cependant ni confirmer ni infirmer qu’une telle réunion ait eu lieu, côté volley, le lundi.

        Profitons-en pour clarifier la chronologie d’éventuelles sanctions, coté Volley et coté Ville.

        Le 30 janvier, Thierry Holveck est « mis à pied » (selon le SMS envoyé au parent et que nous publions dans cet article) sans doute en attendant son licenciement PAR LE CLUB DE VOLLEY, un entretien préalable au licenciement ayant eu lieu le même jour, en présence de son syndicat.

        Coté Ville, Thierry Holveck avait pour supérieur le directeur des sports (mais aussi un supérieur à l’Entretien) et nous maintenons que celui-ci a cherché à le protéger contre MM. Monin et Château qui voulaient l’écarter de son poste de responsable du gymnase (cf le soutien moral apporté par nous au directeur des sports et à son adjoint dès le 11 février sur facebook).

        Il semble que, mesurant la violence et la gravité de la rumeur brandie par MM Monin et Chateau, ses supérieurs dans les services de la Ville aient fini par considérer que déplacer Thierry vers un autre gymnase serait une protection pour lui. Une réunion a eu lieu lundi, à 8 h 30, avec ses supérieurs coté Ville. Elle n’aurait pas eu d’autre objet que cette mutation, elle n’aurait donc rien eu d’une sanction, pas même d’une mise au placard, même si l’attachement sentimental de Thierry à ce gymnase dédié au Volley devait être fort.

        Vous parlez cependant d’une sanction « Ville », « la plus faible ». On nous indique en effet qu’une « mise en garde » devait lui être adressée pour son altercation publique du 14 janvier avec M. Château, lors des vœux du maire. Mais elle était prévue pour le mercredi suivant (lendemain de sa mort).

        Bref : le premier article du Parisien confondait peut-être une réunion le 7 avec ses supérieurs Ville (pour une mutation de poste) et une réunion pour licenciement avec son président de club coté Volley. Mais vous exagérez un peu (ou lisez de travers) : jamais le Parisien ne parle de « mise à pied par le service des sports (de la Ville) ». Nous non plus.

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  • jeanine Rollin-Coutant 17 février
    04:44

    Mais enfin en 50 ans de vie dans cette ville, je n’ai jamais connu une histoire pareille, je dis une mais chaque trimestre au moins il se passe des choses déplorables. Jamais les "Municipalités précédentes" n’ont donné autant de" grains à moudre" aux Médias. Nous sommes la risée des communes avoisinantes. Un peu de dignité, de retenue, et de compassion pour les salariés qui ne doivent plus venir travailler qu’avec anxiété, ce serait un minimum. En attendant de savoir la vérité sur le décès de Mr HOLVECK, laissons sa famille faire son deuil.

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    • Sylvie 18 février
      08:57

      Thierry était harcelé et il s’est suicidé. Dans quelle mesure et sous quelle forme ces deux faits sont liés, l’enquête le dira. Apporter aux enquêteurs des éléments potentiellement déterminants qu’ils vérifieront et en polémiquer sans fin sur un site sont deux choses différentes. Messieurs, lisez le message de Jeanine et s’il vous plaît.... bouclez-la.

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  • Votre nom 17 février
    09:53

    C est l’USV Volley qui a entamé une procédure de licenciement de T. Homveck pour son emploi d’entraîneur et non la ville. L’entretien préalable de licenciement n’a pas eu lieu le 6/02 mais une semaine avant. C est scandaleu de diffuser des informations non vérifiés.

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    • Alain Lipietz 17 février
      12:24

      Bonjour M. l’anonyme. C’est la seconde fois que vous écrivez avec la même adresse IP en suggérant que l’article du Parisien que nous citons est « scandaleux ».
      J’espère qu’il ne faut attribuer ce doublon qu’à votre chagrin.
      Encore une fois :
      -  la mise à pied par le club de Volley a eu lieu le 30 et nous publions le SMS qui en fait part aux parents
      -  Ni Le Parisien, ni nous , ne parlons nulle part de « mise à pied par le service des sports » le 6/2.
      -  En revanche nous confirmons que MM Monin et Château, qui ont donné l’ordre de la mise à pied par le Volley et de l’éviction du gymnase, prétendent maintenant en rejeter la responsabilité sur les supérieurs hiérarchiques de Thierry Holveck... dans les services de la Ville.

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  • Michel Adrien 17 février
    20:40

    L’altercation aux vœux du maire concernait une remise de prix à une jeune capitaine de l’USV Volley. Hors, le club et son président ont fait en sorte d’empêcher cette remise de prix en faisant passer le message que la joueuse n’était pas disponible. En effet cette remise de prix aurait mis sur le devant l’entraîneur, M. Holveck, dont ils voulaient probablement se débarrasser.

    Thierry Holveck a tout fait pour que cette cérémonie puisse avoir lieu. Il ne voulait pas que l’on prive la petite (et par elle son équipe) d’une reconnaissance sportive. La jeune joueuse et ses parents (qui habitent en Seine et Marne) se sont rendus aux vœux pour finalement constater sur place que cette remise de prix était annulée... C’est dans ce contexte que l’altercation a eu lieu entre M. Holveck et M. Chateau.

    On notera que l’entraînement a été repris par Monsieur Baccon puis par Bruno Chateau, le fils du président. Ce dernier rêvait d’entraîner également les poussins du club (déjà très performants).

    M. Holveck gênait-il les membres de cette association très "familiale" ?

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  • Bernard Chateau 28 février
    00:58

    DROIT DE REPONSE

    Etant mis en cause personnellement par l’article publié par Monsieur Alain LIPIETZ le 16 février 2017 sur le site l’Avenir à Villejuif, je tiens à apporter les précisions suivantes.
    Je regrette tout d’abord l’instrumentalisation faite à des fins politiques du drame survenu le 7 février dernier, qui nous affecte tous, moi compris.
    Il est parfaitement faux d’affirmer de façon péremptoire que Monsieur HOLVECK était victime d’une politique de harcèlement visant à le pousser à la démission de la part de l’USV et de son Président.
    L’USV VOLLEYBALL rencontrait effectivement des difficultés d’ordre professionnel avec celui-ci, dont il n’est pas question de débattre ici : aucune sanction disciplinaire n’avait d’ailleurs encore été prise à la suite de l’entretien préalable de licenciement organisé dans les locaux de l’association le 30 janvier 2017 (et non le 6 février 2017 comme l’a indiqué de façon erronée le journal Le Parisien). Je tiens d’ailleurs à préciser à cet égard qu’aucun entretien n’a eu lieu le 6 février 2017 du côté de l’USV Volley ball, seule entité pour laquelle j’ai qualité à m’exprimer.
    Il est tout aussi mensonger d’affirmer que j’aurais colporté une rumeur à l’occasion d’une cérémonie du 14 janvier auprès de parents d’élèves : il y a bien eu un différend, d’ordre professionnel là encore, qui n’avait absolument rien à voir avec les rumeurs survenues bien après cette date.
    Quant au contexte politique longuement évoqué, je tiens à souligner que l’USV volley ball est étrangère aux dissensions qui semblent exister au sein de la municipalité. En tant que dirigeant du monde sportif nous avons tous obligation de réserve, mes opinions sont du domaine du privé et ne regard que moi.
    Je vous remercierai donc de cesser de proférer publiquement des accusations aussi graves à mon encontre.
    La police semble être saisie des circonstances du décès de Monsieur Thierry Holveck lequel, quels qu’aient été les différends professionnels qui ont pu nous opposer, m’a profondément affecté.
    Je considère ces écrits pour ce qu’ils sont : de la diffamation publique. Je vous remercie à l’avenir, afin que la justice et que le temps fassent leur œuvre, de cesser ces attaques.
    Que chacun garde la sérénité qu’ils n’auraient jamais dû quitter.

    Bernard Chateau

    Lien du même message en pdf : https://drive.google.com/open?id=0B8AGPmr1HTwhWTg2TmV5SHo2ZTA

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    • Alain Lipietz 1er mars
      12:47

      Monsieur Château,

      Merci pour votre contribution en forme de « Droit de réponse » à ce forum, qui permet à nos lecteurs de connaître votre point de vue. La modération que nous pratiquons sur ce site ne s’applique qu’aux (nombreux) spams et aux (rares) messages injurieux.

      Je ne doute pas que vous soyez affecté par le décès de Thierry, nous maintenons les informations publiées.

      Tout d’abord il ne s’agit pas d’une affaire « politique » mais de relations sociales entre employeurs et employé. C’est à ce titre que notre groupe d’élu-e-s, ayant des représentants au CT et au CHST, a le devoir de chercher à comprendre les raisons de ce drame, et d’éclairer les Villejuifois sur cette tragédie.
      Comme précisé au début, cet article reprend pour l’essentiel notre lettre adressée à Mme la Procureure de la République, laquelle a répondu avoir transmis ce témoignage au magistrat instructeur. Il n’en a été gommé que les noms des personnes qui ont souhaité nous apporter leur témoignage, et rajouté explicitement des éléments publiés par la presse, avec une mise au point sur nos doutes au sujet de la journée du 6 février, dont je vous remercie de clarifier un détail.

      Vous déclarez – et c’est l’essentiel de votre message - que « aucune sanction disciplinaire n’avait d’ailleurs encore été prise à la suite de l’entretien préalable de licenciement organisé dans les locaux de l’association le 30 janvier 2017 », confirmant ainsi qu’il s’agit bien de licenciement. Voulez-vous dire que le SMS envoyé par l’USV-Volley ce même jour aux parents des enfants et que nous reproduisons dans l’article serait un faux ? Je cite : « Suite à la mise à pied conservatoire pour faute grave, nous vous informons que monsieur Holveck n’encadre plus les séances d’entrainements de votre enfant. »

      Il s’agirait là de votre part d’une information capitale que vous n’auriez pas manqué, je pense, de transmettre aux enquêteurs. Je ne vous cache pas notre scepticisme à l’égard de votre affirmation. Et dans la mesure où vous enchainez sur « Il est tout aussi mensonger d’affirmer que j’aurais colporté une rumeur à l’occasion d’une cérémonie du 14 janvier auprès de parents d’élèves) », nos doutes s’étendent naturellement à cette seconde phrase. Du reste, nous publions un autre témoignage indiquant un autre sujet de cette altercation. En tout état de cause, et sauf information nouvelle de votre part, cette altercation entre deux membres du bureau de l’US-Volley (M. Holveck et vous) semble bien constituer la « faute grave entrainent la mise à pied » évoquée dans le SMS.

      Vous revenez ensuite sur des « dissensions politiques au sein de la municipalité », visant apparemment les derniers paragraphes. Ces dissensions sont réelles : les risques de suicide, et la morbidité avérée, entrainés par des pratiques de harcèlement, étaient en effet évoqués dans diverses institutions municipales, et il est tragique qu’ils n’aient pas été pris en compte par la majorité municipale. Encore une fois, comme en témoignent les rapports de la médecine du travail, cette dégradation des relations sociales étaient antérieures à 2014, et un témoignage sur ce site évoque des faits similaires plus anciens : il ne s’agit donc pas de « politique » au sens « partis politiques » du terme, mais de relations sociales et humaines.

      Mais cette fois il y a mort d’homme, et le drame de celle de Thierry Holveck, qui s’ajoute à tant de dépressions et congés-maladie, devra malheureusement être au moins le signal de « plus jamais ça ».

      Comme vous le remarquez en conclusion, une enquête est ouverte, et tout témoignage, étayé et non diffamatoire, doit lui parvenir. Ce que nous avons fait, en toute conscience de nos responsabilités d’élus… et en toute sérénité.

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