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Conseil municipal du 9 décembre (3)

Imprimez !
21 décembre 2016
Alain Lipietz

Multiples attaques de droite, de gauche et du centre contre le mouvement associatif.

Après l’incinérateur d’Ivry et l’offensive contre le Chêne, je reprends ici le compte-rendu dans l’ordre, avec le budget modificatif, les compléments de subventions aux associations, et... le financement public d’une crèche privée.

Un tardif budget modificatif

Il s’agit d’une ultime modification du budget 2016. Un budget, c’est ce qu’on a l’intention de faire, une prévision. Ce n’est pas le compte exact de ce qui a été fait, qui n’intervient qu’en juin suivant (les « comptes administratifs »).

En juin dernier, il n’y avait qu’un vague rapport entre les dépenses constatées de 2015 et ce qui avait été voté : MM le Bohellec et Vidal n’en avaient fait qu’à leur tête. Du coup nous avons voté contre le compte administratif de 2015, mais aussi contre le budget 2016, et aussi contre l’aggravation de la hausse des impôts sur laquelle il reposait : nous ne croyons plus du tout à ces budgets mensongers le Bohellec-Vidal.

Cette fois la décision modificative, en fonction des nouvelles les plus fraîches sur combien nous versent exactement l’État et la Métropole du Grand Paris, annonce qu’il nous reste 200 000 euros de plus que prévu, à quelques jours des vacances de fin d’année. On ne saurait les dépenser de façon réfléchie, et la droite nous propose de les verser à la diminution de l’endettement. En effet, explique l’adjoint aux finances Ph. Vidal, alors que la BCE offre des prêts à taux négatifs, les banques ne se bousculent pas pour prêter à Villejuif. Argument que l’on pourrait entendre, si Ph. Vidal ne précisiat aussitôt « moi maire adjoint aux finances, Villejuif n’augmentera pas son endettement. » Ce qui est une erreur de gestion, sauf s’il est exact qu’aucune banque ne prête plus à Villejuif à faible taux.

Mais nous admettons que ces 200 000 euros arrivent trop tard pour être dépensés intelligemment (nous allons voir dans un instant qu’on prend encore de bonnes décisions de dépenses...) Donc, nous nous abstenons, réservant notre jugement pour les comptes administratifs 2016. L’opposition « canal historique » (= ex-liste Cordillot) s’oppose.

Du rab pour les associations

On s’abstient d’autant plus volontiers que le reliquat du budget destiné aux associations fait l’objet d’une dernière « distribution ». Plusieurs associations culturelles extrêmement actives dans la vie de la cité, telle Eklozion dont nous avons maintes fois parlé, reçoivent ainsi de petits compléments, à la grande fierté de l’adjoint à la culture, A. Caporusso, alors qu’elles avaient déjà bénéficié de premières subventions. Ces subventions de dernières minutes ont été réparties par la commission paritaire des associations. Même le Mrap, une des bêtes noires de Mme Casel, la maire adjointe aux associations, en bénéficie : c’est tout dire…

Nous, comme l’opposition « canal historique », soutenons la proposition issue de ces travaux et théoriquement endossée par la majorité municipale.

Et là-dessus, c’est la liste Vidal qui pique une crise, y compris Catherine Casel (qui a quitté le groupe Vidal par hostilité envers son leader mais depuis ne s’en est guère différenciée politiquement).

Catherine Casel commence par une virulente critique de la gestion de sa prédécesseure, notre amie Sylvie Thomas. Selon Mme Casel, avant elle c’était le chaos dans la politique des associations, heureusement elle est arrivée et a rétabli l’ordre (alors que c’est Sylvie qui a remis en mouvement la politique associative municipale, écarté les bizarreries telles les subventions aux Amis de l’Huma, et restauré une répartition transparente via la commission paritaire).

Mais pour Ph. Vidal – qui aurait visiblement préféré affecter au désendettement le reliquat de budget associations — offrir ainsi une rallonge, au dernier moment, aux associations c’est comme « les camions que l’ont fait rouler dans les casernes en décembre pour ne pas voir diminuer les dotations en carburant l’année suivante. »

Effarante ignorance de la dèche dans laquelle vivent les associations, qui sont en permanence à quémander des avances de trésorerie de leur banques, de leurs bénévoles et de leur propres salariés ! Même Lucile Yapo (droite) tâcle Ph. Vidal : « La Commission paritaire ne subventionne que sur des projets et des bilans d’activité ! »

Mais Ph. Vidal n’en démord pas et s’en prend à « ces associations qui sont des entreprises déguisées », remettant en question le principe même de l’économie sociale et solidaire (ce que ne fait pas Emmanuel Macron, bien au contraire…).

Ph. Vidal vise en effet les entreprises de l’ESS, comme l’association qui soutient la Librairie Points Communs, laquelle cherche à se mettre en SCIC ou du moins en coopérative. Serait-ce parce que Points Communs a participé à la réunion-débat sur les lanceurs d’alerte, tandis que Ph. Vidal a soutenu l’opération de favoritisme ? Même Mme Ouchard prend la défense de la librairie…

On vote : les vidaliens s’abstiennent, y compris… Alain Caporusso !! Shame. Dans quelques heures, les vidaliens vont reprendre leurs attaques contre le mouvement associatif culturel : cette fois contre le Chêne. A noter toutefois que, réalisant sans doute qu’ils avaient gaffé, les 3 vidaliens se rendront la corde au cou à la fête du Chêne.

Plutôt le privé qu’une crèche parentale

Délibération suivante (n°301) : le projet d’acheter dix berceaux dans une nouvelle crèche privée (la 4e). Nous n’avons rien contre les crèches privées : nous avions compris depuis longtemps que ni la Ville ni le département n’auraient les moyens d’en financer de nouvelles. Mais nous étions aussi pour une crèche parentale.

Alors que la crèche parentale faisait partie du programme de l’Union citoyenne, l’association portant le projet, Aragon et Castille, est baladée depuis deux ans de promesse de locaux en promesse de locaux. Mais à chaque fois « c’est trop cher à aménager ». Pourtant on trouve de l’argent pour acheter des berceaux privés !

Monique Lambert-Dauvergne intervient pour notre groupe :

"Ce rapport nous amène à nous poser plusieurs questions :

- D’abord, à quoi sert l’achat de berceaux dans des crèches privées, par la municipalité ? Est-ce moins cher pour les parents ? Non, les parents paient la même chose dans une crèche municipale, départementale ou associative : c’est l’objet d’une convention avec la caisse d’allocations familiales (CAF).

- Est-ce plus facile pour les habitants d’avoir une place ?
Non. La seule différence : c’est que la Municipalité choisit les familles qui vont bénéficier d’une place pour leur enfant. Pourtant, avec ou sans achat de berceau, ce sont, de toutes façons, les familles villejuifoises qui utilisent les crèches de Villejuif. Les exceptions sont minimes.
- Dans le rapport (point 1-10) on nous dit que « la ville est habilitée à promouvoir la structure dans tous ses documents de communication en direction de la population villejuifoise ». Croyez vous vraiment qu’une crèche a besoin de publicité pour trouver des clients ?

-  Est-ce intéressant pour la crèche ?
Oh Oui ! Par exemple : l’entreprise Babilou (qui a une crèche à Villejuif) fait partie du Top 35 des entreprises aux plus forts taux de croissance, elle est cotée en bourse, elle réalise plus de 10 millions d’ € de chiffre d’affaires.
Nous connaissons le besoin de places en crèches pour les parents villejuifois. Mais nous ne pensons pas que des entreprises privées doivent faire des bénéfices et être cotées en bourse grâce à de l’argent public (il s’agit quand même de 75 420 € par an pour 10 enfants) .

- Le service rendu est-il meilleur que celui du service public ou du secteur associatif ?
J’ai consulté une étude de la CNAF (la caisse nationale d’allocations familiales) de juin 2016 sur les gestionnaires de crèches (crèches publiques, privées et associatives). Le prix de revient moyen d’1heure de crèche : 11,54 € en entreprise privée, 10,64 € en secteur public et 9,25 € pour un gestionnaire associatif.

On voit que les crèches associatives ont un coût de fonctionnement inférieur à celui du public et 20% inférieur au privé lucratif, ce qui correspond à un écart de 80 000 € pour un établissement de 20 places.

On note aussi que les associations consacrent une part plus importante de leur budget aux charges de personnels que les entreprises du secteur privé lucratif. C’est un élément très important pour les parents, qui préfèrent que leurs enfants soient entourés de salariés bien traités !

L’étude révèle aussi que l’associatif est le 1er partenaire des collectivités territoriales, parce que plus compétitif économiquement et socialement.

Alors pourquoi ces dépenses inutiles au moment où l’argent public est en constante diminution ?

Est-ce de l’ignorance ? Est-ce du clientélisme ? Peut-être... En tout cas, nous n’avons jamais réussi à avoir les critères d’attribution d’une place en crèche. Nous renouvelons à cette occasion notre demande.

Ces dépenses sont d’autant plus regrettables qu’il existe à Villejuif, depuis presque 3 ans, l’association Aragon et Castille, porteuse d’un projet de crèche parentale. Le projet est maintenant bien avancé, un local a été trouvé par l’association, mais... rien de concret du côté de la mairie. On préfère aider à s’installer des sociétés privées et plus chères.

Vous le savez tous : l’Economie Sociale et Solidaire fait moins cher et mieux que les sociétés privées car elle ne se contente pas de rendre le service : elle fait en plus de l’insertion, de l’éducation et de la cohésion sociale. Dans le cas de la crèche parentale, elle fait aussi de l’éducation à la parentalité, à la non violence, de la co-éducation parents et professionnels, toutes choses très utiles actuellement dans notre société.

Nous voterons donc contre ce marché."

Cette intervention jette un froid. Une petite voix s’écrie, depuis les rangs de la droite : « Mais si on n’achète pas ces berceaux, la crèche ne viendra pas ! », suggérant une forme de chantage à la subvention de la part de l’entreprise.

Mais personne n’ose reprendre publiquement cet argument, sauf Mme Cordillot. Natalie Gandais répond à l’argument : les deux mini-crèches privées Isis et Fenelice se sont installées sans subvention ni berceau acheté.

La droite préfère répéter en boucle : « Villejuif a besoin de crèches ». La droite, mais aussi la gauche, qui pendant 20 ans a répété que « la maternelle à deux ans c’était mieux que les crèches », parce qu’elle savait que le département n’avait plus les moyens d’offrir de nouvelles crèches, et qui est donc responsable de ce terrible retard que l’Union citoyenne avait entrepris de combler.

Le seul problème, c’est que cet argent qui va au privé est retiré au projet de la crèche parentale. Mme Ouchard tente de surévaluer ce que coûterait une crèche parentale, proclame que Natalie ment sur le coût d’aménagement des locaux qui avaient été envisagés. Natalie demande communication de l’étude des coûts par nos services. Cause toujours…

On passe au vote. La gauche "canal historique" rallie la droite pour la subvention à la crèche privée au détriment de la crèche parentale. Nous savions déjà qu’à Villejuif, la gauche n’aime pas l’économie sociale et solidaire...

À suivre.

***

Le compte-rendu du conseil municipal du 9 décembre 2016 est en quatre parties… en commençant par la fin !

(1) Droite et communistes font bloc pour l’incinérateur d’Ivry

(2) Le maire déclare la guerre au Chêne

(3) Multiples attaques de droite, de gauche et du centre contre le mouvement associatif.

(4) Seniors, Rue Condorcet, travail du dimanche…

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Commentaires

1 Message

  • Natalie Gandais 21 décembre 2016
    22:55

    Mais qu’ils leur fichent donc la paix aux associations !

    En fait les Amis de l’Huma ne m’ont jamais demandé de subvention. Le rééquilibrage visait plutôt l’APEIS, qui raflait à elle seule un tiers des subventions municipales, déjà pas bien grosses.
    Il me semble que c’est M. Obadia et non M. Vidal qui a parlé d’entreprises déguisées, mais leur combat est le même et oui ça devient franchement pénible ces attaques incessantes, contre les associations ESS qui ont le mauvais goût de créer de l’emploi, contre les Amis de la librairie qui se battent pour que survive l’unique vraie librairie d’une ville de 56 000 habitants…

    Et puis c’est quoi ces insinuations répétées comme quoi elles « se débrouillent bien » les associations, puisqu’elles ont des subventions par ailleurs… Mais c’est précisément ce qu’on leur demande, de diversifier leurs financements, et on sait très bien que sans soutien municipal pour faire levier, ces subventions, de l’Etat, de fondations, ne sont pas accordées !

    D’ailleurs ça ne les amuse pas spécialement, les associatifs, de remplir des dossiers souvent hyper compliqués alors qu’ils courent, non seulement après l’argent, mais après le temps. On note un certain épuisement. Eklozion, Edolon (qui n’a toujours pas eu de lieu pour projeter les films tournés à Alexandre Dumas !), vont se mettre un peu en veille, leurs jeunes responsables devant bien nourrir leurs familles par ailleurs. D’autres associations réduisent leurs activités, de nouvelles succombent prématurément. Du coup les FIL (fonds d’initiative locale, soutenus par la chargée Politique de la ville) ne sont pas attribués faute de combattants (dans certains cas, la faute aussi à une inspectrice d’académie bien peu coopérative) et de leur côté les services municipaux en plein marasme n’ont pas non plus de projets à présenter.
    Nos élus feraient mieux de les encourager et de les accompagner, les associations (et les services). Ou au moins, à défaut de les aider à surnager, d’arrêter de leur enfoncer la tête sous l’eau.

    Sylvie

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