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27 novembre 2016
Alain Lipietz

Où en est la Semgest ? (1)

Miracle à Villejuif : la « bio » à la cantine serait passée en quelques mois de 20 % à 36 % ! Qu’en est-il ? Et où en est la Semgest, qui gère la restauration collective, l’Évènementiel et l’Espace Congrès des Esselières ? Ça ne va pas trop mal.

C’est un chapitre de notre activité municipale qu’on ne vous raconte guère : la gestion des Sociétés d’économie mixte et autres structures périphériques de la Ville. Je passe plus du temps à vous expliquer la géothermie, parce que ça, c’est vraiment un gros, gros chantier.

Quelle ne fut donc pas notre surprise à la lecture de la « tribune » du groupe du maire, NDPV, dont M. François Ducellier, président de la Semgest, dans le n° de novembre du journal Villejuif Notre Ville, page 24. Extrait :

Oh lala, oh lala, qu’avions nous dit dans notre tribune d’octobre (rédigée en septembre) ? Ceci effectivement : « la Semgest n’annonce que 20% de bio ».

Et où l’annonce-t-elle ? Eh bien, Page 9, dans son dernier texte officiel, un document que le groupe NDPV, dont F. Ducellier, a approuvé unanimement, lors du conseil municipal du 24 juin dernier, donc 3 mois auparavant : le « Bilan technique et financier » de la « délégation de service public de la restauration collective ». Le voici :

PDF - 1.6 Mo
Rapport Semgest Restauration

Alors, quoi ? F. Ducellier, président de la Semgest, yoyotterait-il ? Pas tout-à-fait.

Et puisqu’il me met ainsi en cause (car je suis « le membre de L’Avenir à Villejuif administrateur de la Semgest »), et me défie de révéler les « vrais chiffres » de la Semgest, allons-y.

36 % ou 20 % ?

20%, souligne donc la Semgest en gras, dans son rapport officiel aux élus, page 9 :

« Depuis 2012, les convives des restaurants scolaires consomment trois produits issus de l’Agriculture Biologique, soit en entrée, soit en dessert (…) Et ce afin d’atteindre 20 % de produits issus de l’Agriculture Biologique dans les repas des enfants, comme demandé par le Grenelle de l’Environnement. » F. Ducellier ne pouvait pas le rater.

Il va de soi qu’une fois élus en 2014, les écologistes de L’Avenir à Villejuif ont encouragé les services de la Ville et de la Semgest à aller bien au delà de ces 20% obligatoires ! Et, de fait, la Semgest aujourd’hui s’y efforce. Le document énumère les diverses contraintes que lui a imposées la nouvelle équipe municipale. Et elle vise à atteindre les 36 % dans le courant de cette année scolaire, d’où l’erreur de F. Ducellier et de la droite. Mais grimper à 36%, ce n’est pas facile.

D’abord, la bio est un peu plus chère. Comme on ne veut pas augmenter le prix des repas, il faut faire des économies, en particulier en luttant contre le gaspillage. La solution la plus radicale est de faire comme Natalie Gandais l’avait réalisé à Plaine centrale : lutter contre le gaspillage, notamment de la viande (38 % de la viande était jetée !), en offrant un choix de plats protéinés « végé » en self-service, pour les enfants qui refusent la viande. On fait ainsi de copieuses économies qui permettent d’acheter de la nourriture bio. Mais cette solution a été refusée par le maire.

Cependant, la Semgest est bénéficiaire (nous y reviendrons), elle peut donc acheter du bio. Reste à trouver des fournisseurs, car la France est encore en retard et importe une partie de sa « bio ».

La direction de la Semgest fait de réels efforts. Ainsi, elle a passé un accord, pour les yaourts « bios », avec une laiterie dans le Sud-Ouest. Or, nous exigeons aussi que la Semgest s’approvisionne le plus possible en Ile de France… où il n’y a plus de laiterie ! Comme le savent tous les écologistes, les yaourts voyagent énormément dans leur processus de fabrication, donc le Sud-Ouest ce n’est pas si loin.

Pour le pain, c’est encore plus compliqué : il faut trouver une boulangerie qui fait du bio, mais en plus capable de livrer le pain frais, le matin, dans toutes les écoles de Villejuif. Celle que nous avons essayée cette année n’a pas donné satisfaction, on va en essayer une autre.

Si ça marche, on atteindra, espère-t-on, les 36 % dans le courant de l’année prochaine…

Et la santé financière ?

D’après le même document, la Semgest est bénéficiaire dans son activité de restauration (qui concerne, outre les scolaires, le personnel municipal mais aussi du « privé », à la Musardière.)

Elle vend pour un peu plus de 5 millions d’euro de repas. Ces repas, commandés à une cuisine de l’Essonne, lui coutent 3 euros, et elle les revend 5,99 euros à la ville pour les scolaires, ce qui comprend les services détaillés dans le rapport, auxquels la Ville rajoute encore 5 euros : le personnel des écoles et d’autres animations. Au total, ses charges (achats, personnel, fermage versé à la ville pour les locaux qu’elle occupe) se montent à environ 4 millions. Le résultat d’exploitation dans la restauration est donc 1 million.

Mais la Semgest ne fait pas que de la restauration. Elle traite aussi de « l’Évènementiel » (les fêtes et cérémonies), couvert par une autre délégation de service public, qui comprend la gestion de l’Espace-Congrès , mais aussi l’organisation de tous les évènements à Villejuif, y compris l’installation de la salle du Conseil municipal.

Quoi, quoi, ce n’est pas le personnel de la Ville qui monte les tentes, pose les micros , etc ? Non, et ce choix des municipalité communistes depuis très longtemps est la source de bien des suspicions dans la population, dont il faut bien dire un mot : nous y reviendrons.

L’Évènementiel et la Restauration sont donc chapeautés par un « siège de la Semgest » (locaux, directeur et services communs) qu’il faut aussi payer. On a affecte 500 000 euros de « frais de siège » à la branche « Restauration collective », qui se trouve ainsi bénéficiaire de 500 000 euros.

Malheureusement, l’autre branche ne va pas si bien. Voici le rapport technique et financier, également voté au Conseil municipal de juin, de la délégation de servie public "Évènementiel" :

PDF - 1.6 Mo
Rapport Semgest Évènementiel

Cette branche est déficitaire de 256 000 euros « pour la première fois de son histoire » en 2015. Bref, la Semgest est au total bénéficiaire de 250 000 euros environ. Les chiffres estimés pour 2016 seront à peu près les mêmes. Il y a quelques années, ses profits étaient beaucoup plus confortables !

Comment en est-on arrivé là ? On vous le raconte dans le prochain épisode.

*****
Le logo de cet article, qui représentait des petits canapés photographiés en gros plan, a été censuré à la demande d’une salariée de la Semgest qui affirmait en détenir les droits. Nous n’avons pas l’intention de payer de tels droits, aussi retirons-nous bien volontiers ce logo, cet incident illustrant parfaitement ce qui est expliqué dans la seconde partie de cet article.

Cet article sur la Semgest est en deux parties :

1. Cantines : Où en est la "bio" ?
2. Évènementiel : comment en est-on arrivé là ?

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Commentaires

1 Message

  • Alain Lipietz 27 novembre 2016
    13:36

    L’erreur de la droite Villejuifoise sur les 20% de bio de la Semgest montre à quel point elle s’en fiche, au fond. Alors que l’Assemblée Nationale essaie de traduire ces 20%, objectif fixé par le Grenelle de l’environnement, en minimum légal, la droite majoritaire au Sénat tente de remettre en question cette obligation. Heureusement une vive mobilisation a rassemblé en quelques jours 200 000 signatures, et l’Assemblée nationale a tenu bon. Plus de détails ici.

    Quand donc L’Avenir à Villejuif déplore qu’il n’y ait toujours "que" 20% de bio dans les cantines de Villejuif, c’est pour souligner les freins qu’y oppose la droite villejuifoise (sans compter le PCF et le PS qui pendant des lustres, au pouvoir à Villejuif, s’en sont fichus complètement et même se moquaient des écologistes).

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