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12 juin 2016
Alain Lipietz

Que se passe-t-il côté Sports à Villejuif ?

Que signifie la transformation précipitée de L’Union Sportive de Villejuif en Office Municipal des Sports, avant même que le Conseil municipal en ait débattu ?

Depuis longtemps les clubs sportifs de Villejuif sont constitués en associations appelées Union Sportive de Villejuif (USV-Football, etc) réunies dans une USV-Union. Il s’agit d’associations, donc indépendantes de la municipalité. Celle-ci toutefois les subventionne, de l’ordre du million d’euros par an et des avantage en nature tels que les locaux. Il y a donc une convention entre l’USV-Union et la Ville, qui court jusqu’à fin 2016 et précise les locaux mis à disposition, dont la Maison des sports, avenue Karl Marx. L’USV-Union a pour interlocuteur « Ville » le service municipal des sports. Entre les deux, une « Commission sportive paritaire » débat notamment de la clef de répartition des subventions, répartition qui est néanmoins votée par le Conseil municipal.

Lors de la campagne municipale, nous avons entendu beaucoup de récrimination des unes et des autres sur l’USV : tel champion n’avait pas eu de poste d’entraineur, tel sport était outrageusement avantagé dans les subventions, l’USV-Union jetait de l’argent par les fenêtres et ça tombait forcément dans la poche de quelqu’un (« Suivez mon regard, Madame, vous me comprenez »), etc., etc.

Normal ! Faut savoir faire la part des choses.

OMS contre USV

Dans le débat préalable à la constitution de l’Union citoyenne, nous avions insisté sur la priorité du sport-culture (pour les scolaires et les loisirs) sur le sport-compétition et le sport spectacle. Mais nous savons bien le rôle d’émulation que joue la compétition chez tous les sportifs, même amateurs. Exemple facile : la Corrida de Villejuif, où courent aussi bien enfants et mamies que champions internationaux. Deux des candidats de L’Avenir à Villejuif ont d’ailleurs été champions de France. Et qui dit compétition dit "tribunes pour les spectateurs", à commencer par les parents. Tout est affaire de dosage.

Le sport apparaît donc comme quatrième tiret au point 5 des Engagements de l’Union citoyenne, « L’école, le périscolaire et la culture pour tous », qui dit sobrement : « Soutenir le sport de loisir et de compétition ». Pour nous, discuter de la « politique sportive » était d’abord discuter du rapport entre ces deux pôles, dans le cadre fixé : scolaire, péri-scolaire et culturel.

Or le débat sur le sport n’a jamais eu lieu. Ni en bureau politique (la réunion des 4 présidents de groupe avec le maire, au temps de l’Union citoyenne), ni en bureau municipal (la réunion de la majorité de l’époque), ni en conseil municipal, malgré nos demandes et celles de l’opposition qui s’étonnait que la Commission paritaire sportive ne se soit jamais réunie. En fait celle-ci ne se réunira qu’en… novembre 2015 !

La politique sportive est dès le début du mandat le monopole du maire et de l’adjoint au sport, M. Monin. Celui–ci se présente comme « ancien directeur des sports à Corbeil-Essonnes » (ce qui semble faux, et heureusement pour lui !), et actuellement petit entrepreneur, dans « l’évènementiel » en particulier sportif. Seules indications distillées à la majorité comme au mouvement sportif : « On va remplacer l’USV par un Office Municipal des Sports (OMS). »

Quelle différence ? Quel intérêt ? Pendant deux ans nous n’en saurons rien, nous ne pourrons jamais en discuter. Seules réponses à nos questions : « Ça va permettre de casser les circuits monétaires liés au PCF et de faire entrer de nouveaux clubs. » C’est la thèse de la « caisse noire communiste » que M. Monin va s’efforcer de traquer comme la Baleine Blanche, tout en faisant la tournée des clubs, affirmant que l’USV-Union, comme sa présidente, par ailleurs présidente du club Natation, n’est pas « représentative ».

Nous savons bien que les « circuits monétaires » allégués ne peuvent passer que par des surfacturations. Il suffit donc d’imposer des factures normales, et c’est réglé, sans en faire un foin.

Reste l’autre aspect : l’entrée de nouveaux clubs sportifs. On ne comprend pas bien pourquoi il faut changer tout le système pour ouvrir ses portes à l’équitation (par exemple) aux cotés de la plongée ou des rollers ! C’est pourtant là que l’affaire se corse. Entre autres : du fait des restrictions budgétaires. Si la subvention globale de la Ville diminue et si les clubs sont plus nombreux, chacun en aura moins.

Dès le début du mandat, M. Monin répond aux inquiétudes du mouvement sportif : « À Corbeil c’est moi qui distribuait l’argent, et M. Dassault m’en donnait autant que j’en voulais. Il faut savoir utiliser le sponsoring ! Le problème, c’est qu’il n’y a pas assez d’entreprises à Villejuif pour payer. » Certes.

L’affaire Serfati

C’est par une remarque des délégués du personnel en Commission Technique (réunissant obligatoirement élus et personnels avant toute décision touchant à l’organisation des services) que nos délégués ont appris l’existence d’une « affaire Serfati ». Pour comprendre de quoi il s’agit, nous nous rendons au conseil des prud’hommes où l’affaire est jugée. Elle est assez clairement exposée par les juges et les avocats.

En fait, dès le début de notre mandat, le maire et M. Monin ont demandé à un champion de karaté, M. Serfati, d’organiser l’OMS en lui promettant d’être le futur responsable des sports, tout en faisant miroiter à sa Fédération de karaté la perspective d’un « dojo » (gymnase dédié aux arts martiaux… et à la spiritualité zen qui va avec, on compte sur MM. Monin et le Bohellec). Dojo dont le projet commence à être débattu pour le bas-Villejuif ; il pourrait accueillir la fédération et y organiser ses compétitions.

Assez vite M. Serfati signale aux clubs qu’il n’aurait pas la direction des Sports ni celle de l’OMS. Quant à sa mission d’organiser l’OMS, elle sera payée… par l’USV-Union (manière d’opérer « de gré à gré » ?). Laquelle – le maire le promet par écrit à sa présidente, Mme Hayotte — recevra un complément de subvention pour couvrir ces frais.

M. Serfait reçoit son premier salaire de l’USV en décembre, mais Villejuif ne verse une subvention qu’en mars, couvrant jusqu’à juillet. Volonté de débusquer la « caisse noire cachée » ? L’USV a dû contracter un emprunt pour payer M. Serfati. Mais dès juillet 2015, la Ville ne payant plus rien, Mme Hayotte ne peut plus payer M. Serfati, et donc M. Serfati interrompt sa mission au bout de quelques mois non-payés, « prend acte de la rupture du contrat de travail » le 25 septembre, et assigne la Ville et l’USV aux Prud’hommes pour rupture de contrat.

À l’audience, M. Serfati et l’USV se retrouvent alliés : leurs avocats brandissent les courriers de la mairie et le contrat qui la lie à M. Serfati. Celui-ci doit faire rapport à Monsieur le Maire, et non à Mme Hayotte : son lien de subordination est avec le maire et pas avec l’USV, c’est à la mairie de payer les sommes dues. Ce montage est d’ailleurs susceptible, selon l’avocat de M. Serfati, de requalification pénale pour « association transparente » et « gestion de fait », mais on n’en est pas encore là.

On peut se demander : pourquoi l’USV a accepté ce montage risqué ? Simple : d’abord elle a « cru » MM. le Bohellec et Monin (ça arrive à tout le monde), qui lui assuraient que la mairie compenserait le salaire de M. Serfati. Ensuite elle n’avait pas le choix : elle dépend des subventions de la mairie, qui donc peut exercer sur elle un chantage permanent (on verra que ce chantage va servir systématiquement).

Et côté mairie : pourquoi avoir promis puis abandonné la compensation pour le salaire de M. Serfati ? Sans doute parce que MM. le Bohellec et Monin attendaient d’autres sources de financement qui ne sont pas venues : les fameux sponsorings ou mécénats. Dans le mouvement sportif villejuifois, on évoque l’hypothèse que l’acharnement de Natalie Gandais à imposer des prix plus justes et transparents, sans favoritisme, dans les marchés publics, aurait refroidi des entrepreneurs, qui espéraient des profits plus importants à restituer en partie sous forme de dons aux associations sportives.

L’OMS démarre tout seul

Finalement la Commission Paritaire Sportive se réunit en novembre 2015 (d’ailleurs de façon non conforme au règlement intérieur de l’USV) et débat de la répartition des subventions, qui sont votées au budget 2016, dans le cadre de l’USV (sa convention court, rappelons-le, jusqu’à la fin de l’année 2016). Malgré tout, M. Monin s’impose dans le fonctionnement de l’USV et annonce qu’on passe à l’OMS, dont on n’a toujours pas discuté en conseil municipal, ni même au sein de l’Union citoyenne.

En janvier, notre groupe L’Avenir à Villejuif est exclu de la majorité pour avoir signalé au procureur l’affaire de la Halle des Sports, et une nouvelle majorité le Bohellec-Obadia-Vidal-Casel (peut-être étendue à M. Harel) se met en place. Nous ne savons plus rien de ce qui s’y décide.

La Commission paritaire est réunie à nouveau en avril 2016. Là est distribué un projet de statut de l’OMS (dont nous n’avons pu jusqu’ici faire l’analyse, notamment en les comparant à ceux de l’USV). Et aussitôt la pression commence sur les différents clubs. Quelques exemples :

- Retraités. Les adhérents reçoivent une lettre qui les informe des conditions posées par la mairie. Ils doivent voter la désaffiliation à l’USV et l’affiliation à l’OMS (qui, encore une fois, n’est toujours pas créée ni même votée en conseil municipal !), faute de quoi la municipalité ne versera plus de subvention. La voici :

PDF - 175.6 ko

On suppose qu’il en est de même dans tous les clubs. Et en effet :

- Football. Ce club est depuis un certain temps « à problème », déficitaire de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Beaucoup de parents se plaignent : « Mes enfants, en fait, ne jouent pas. »

La direction de l’USV football rompt avec l’USV-Union, en ne payant plus son reversement de cotisation de participation aux frais communs (6,10 € !). Des membres du club forcent la porte de la Maison des sports, s’installent dans le jardin avec des potes, y organisent fêtes et barbecues jusqu’à la nuit malgré les protestation des voisins : MM. le Bohellec et Monin ne bougent pas.

La direction est renouvelée tambours battants, avec de nouveaux élus « contestés » pour leur réputation (l’un a même été condamné, en 2004, à 4 ans de prison dont 2 fermes dans le méga-procès de trafiquants de drogue de Lamartine). Certes, beaucoup de jeunes s’assagissent avec l’âge et les enfants, d’autres s’assagissent en prison, et il faut s’en réjouir. De là à les ériger en modèles pour les scolaires, c’est possible, mais avec une certaine pédagogie.

-  Clubs-champignons. C’est le bouquet : les conseillers municipaux n’ont toujours eu aucune information, mais une assemblée générale fondatrice de l’OMS est convoquée par email, pour le 16 juin, en mairie. Alors que l’USV comprend 28 clubs, des dizaines de personnes sont invitées, représentant 70 clubs. Et on ne votera pas suivant le nombre d’adhérents par Club, mais simplement 1 voix par club. Mais bon, pour créer un club, tout semble permis ce jour-là !

Qui sont ces clubs qui ont poussé comme des champignons ? Certains sont connus – par exemple le moto-club que présida notre ami Patrick Stagnetto : il n’est pas affilié à l’USV mais il bénéficie depuis longtemps d’un local de la Ville. La plupart des autres sont inconnus du mouvement sportif et des instances fédérales. Encore des jeunes à qui on a promis une subvention de la Ville, des créneaux qu’on enlève aux clubs de l’USV, un sponsoring ou un mécénat ? Et pour quoi faire au juste en échange ?

Nous n’en savons rien, mais il serait souhaitable que le débat ait lieu dans Villejuif avant le prochain conseil municipal, qui va sans doute délibérer (enfin) de l’opportunité de créer ce fameux OMS.

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Commentaires

2 Messages

  • nicole caugant 19 juin 2016
    22:24

    Messieurs, Mesdames

    Je viens de prendre connaissance de votre article relatif à la création de l’O.M.S. dans lequel vous reproduisez un courrier qu’auraient reçu les adhérents de l’U.S.V. Retraités.

    Je vous demande de bien vouloir rectifier les termes que vous mettez entre guillemets, comme s’il s’agissait du copier/coller du document envoyé à nos adhérents.

    En fait il s’agit d’une convocation à une Assemblée Générale Extraordinaire le 26/05/2016, pour effectivement décider tous ensemble si la majorité des adhérents est d’accord pour adhérer à l’O.M.S. Vous trouverez ci-joint copie de celle-ci. (impossible de la fournir sur votre blog qui ne permet pas des fichiers attachés)

    Il est bien évident que cette dans la convocation nous donnons quelques explications aux intéressés sur l’avenir financier de leur association, mais en aucun cas nous ne leur indiquons, comme vous l’avez reproduit :« Vous devez voter la désaffiliation à l’U.S.V. et l’affiliation à l’O.M.S. ».

    L’assemblée Générale Extraordinaire a justement été organisée pour leur permettre de s’exprimer.

    Comptant sur une rectification dans votre prochain bulletin, je vous présente Messieurs, Mesdames, mes salutations distinguées

    Pour l’U.S.V Retraités
    La Présidente
    Yolande LE DU

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    • Alain Lipietz 20 juin 2016
      23:50

      Bonjour Mesdames
      En effet les guillemets sont ambigus. On les supprime. Dans notre esprit ils visaient en fait le maire adjoint aux sports qui posait ces conditions-là et que transmettait la lettre, comme on s’en rend compte d’après tout le reste de l’article.
      Et nous avons enfin remis la main sur cette lettre, donc nous la mettons dans le texte. Dommage en effet que Spip ne permette pas d’insérer des documents dans le commentaire….
      Bien cordialement

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