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30 janvier 2016
Avenir à Villejuif

Les Ateliers de l’Avenir à Villejuif se mobilisent contre la crise municipale.

Compte rendu de la réunion du jeudi 28 janvier

Pour la première fois depuis les élections départementales, Les Ateliers de l’Avenir à Villejuif réunissaient leurs adhérents en urgence, face à la crise de l’Union citoyenne. Étaient présents : Emmanuel, Eliane, Eric, Patrick, Isabelle, Nicole, Colette, Sylvie, Victor, Alain, Monique, Guy, Rym, Michael, Cindy, François, Natalie, Danièle et Claire. (Désolés pour celles/ceux prévenus trop tard). Guy présidait.

1. Le bilan

Alain, président du groupe des élus, puis Natalie, Monique, Sylvie (maires adjointes) et Patrick (conseiller délégué) ont présenté un bilan sommaire de leurs activités depuis 21 mois.

Natalie : la rédaction et le vote du Plan local d’urbanisme, première « mission » accomplie », le Plan vélo qu’il faut maintenant faire appliquer, la lutte patiente pour remettre de l’ordre (et faire de considérables économies) dans la passation des marchés publics, les négociations réussies pour ouvrir le parking Paul Bert, celle (en cours) pour faire du Terrain Rameau (propriété intercommunale) un parc avec centre équestre, etc. D’autres projets importants sont en cours.

Monique : l’action pour la solidarité, les premières réalisations de l’économie sociale et solidaire (la Garderie Éphémère), les autres bien avancées (Épicerie sociale, Régie de quartier…)

Sylvie : rénovation de la vie associative avec ouverture aux « nouvelles associations » jusque là marginalisées, fêtes et autres évènements associatifs très réussis, mise en place des conseils citoyens dans les quartiers "politique de la ville", etc.

Patrick : rénovation des parcs, élagages, jardins partagés (Pollinis) etc.

2. L’affaire des « plaintes en diffamation »

Nous l’avons raconté sur ce site : Natalie et Alain ont été condamnés à payer 70000 euros pour avoir énoncé sur nos sites internet les raisons qui avaient conduit la population à changer d’équipe municipale. Appel est interjeté, la procès en appel est prévu dans 18 mois.

Le débat s’ouvre dans le groupe.

Ce qui choque surtout les membres de l’Atelier, c’est l’ironie du jugement à l’égard des témoignages et des accusés qui refusent des citer des personnes, et même la critique du faible nombre de personnes ayant osé témoigner, en leur nom propre, de ce que tout le monde sait (du moins dans la majorité de l’électorat qui a rejeté l’ancienne équipe).

Non seulement l’intimidation continue à régner sur la ville (des témoins ont été agressés verbalement le lendemain de l’audience), mais la Justice condamne les élus qui ont brisé l’omerta au nom de tous. Si la police ne protège pas les témoins, et si la justice condamne les élus qui "parlent", qui osera parler ?

C’est sous cet angle qu’il est décidé de lancer une pétition et une collecte pour aider financièrement Natalie et Alain. Mais cela passera après l’affaire plus urgente, que voici.

3. L’affaire de la Halle des Sports et la crise de l’UC

Natalie présente d’abord « l’affaire » elle-même. Depuis le tout début de la mandature, un promoteur a été introduit comme « candidat officiel » par un adjoint de la liste du maire, pour un important projet mixte (appartements à prix maitrisés + gymnase couvert) à l’angle des avenues Karl Marx et Youri Gagarine. Natalie a mis un an pour parvenir à imposer une vraie mise en concurrence (cette mise en concurrence, à elle seule, a rapporté 3 millions de bénéfice à la Ville par rapport à ce que proposait le "candidat officiel" en avril 2014). Mais, par suite de manœuvres que Natalie estime délictueuses, le promoteur « officiel » a emporté le marché en Commission d’Appel d’Offre, le lundi 18 janvier 2016, malgré ses désavantages pour les Villejuifois par rapport à un projet concurrent.

Natalie avait à plusieurs reprises averti le maire que, si ces manoeuvres arrivaient à leur terme, elle serait tenue d’aviser le procureur de la République, car la loi lui en fait obligation. À la réunion des présidents des 4 groupes de la majorité Union citoyenne, tenue le 15 janvier, les présidents des 3 autres groupes (MM. Nunes, Obadia et Bounegta) ont menacé Natalie du retrait de ses délégations (urbanisme, logement, habitat, travaux, patrimoine et espaces verts) et… de plainte en dénonciation calomnieuse si elle se conformait à ses obligations légales.

Dans la nuit précédent le vote du 18, Natalie a vu ces menaces confirmées par deux lettres, qu’elle a portées dès le matin au commissariat, où, après coup de fil à la procureure, sa déposition a été qualifiée de « flagrant délit de chantage ».

Aussitôt après, et malgré le vote négatif de Natalie, le candidat officiel a emporté le marché. Natalie a donc rassemblé le dossier et avisé le procureur.

Natalie a ensuite été privée de ses délégations par le maire (qui en le pouvoir sans consulter le conseil municipal). Le maire, soutenu par les trois présidents de groupes, envisage de faire voter sa destitution de première adjointe par le conseil municipal du 12 février, tout en cajolant les 3 autres membres Avenir à Villejuif de l’exécutif (ce qui les laisse de marbre). Aucune réunion des 4 présidents de groupes, aucune négociation n’a eu lieu depuis le 17.

4. Le débat.

Un débat très riche s’est ouvert entre nous, portant d’abord sur le fond. On peut le résumer en deux mots clés.

L’honnêteté.

C’est évidemment la question centrale, d’abord parce que la lutte pour l’honnêteté dans la gestion des biens publics est dans le gènes de l’Avenir à Villejuif, des Verts ou des Nouvelle Donne de Villejuif, et de plusieurs des participants ou participantes qui sont par ailleurs engagé-e-s dans des associations ou des institutions nationales ou mondiales qui placent les valeurs morales et spirituelles au cœur de leurs engagements personnels.

En outre, la question de « l’optimisation des marchés publics » était l’un des grands engagements de l’Union citoyenne : les citoyens ont l’impression qu’on peut voter tout ce qu’on veut, ça sera toujours la même chose. « La plainte en diffamation et l’exclusion de Natalie, c’est toujours la même chose ! »

Toutefois : même si les manœuvres de favoritisme sont évidentes et même grossières, presque naïves, leur origine n’est pas nécessairement la malhonnêteté. Rien n’indique par exemple qu’il y ait eu contrepartie (le favoritisme s’appelle en ce cas « corruption »). Les mauvaises habitudes , le copinage, l’idée que « ça s’est toujours fait », l’ignorance de la loi, la simple sottise, peuvent aussi expliquer l’origine des faits. Ce qui pose problème est l’engagement jusqu’au-boutiste, contre la lanceuse d’alerte, des chefs des 3 autres groupes (qui se partagent déjà les délégations de la 1ere adjointe Avenir à Villejuif).

L’affaire ne serait alors que la prolongation d’une offensive en cours depuis des mois pour marginaliser l’Avenir à Villejuif et les transformations que notre association a déjà engagées dans la ville et dans les services, malgré une résistance croissante du maire, de son cabinet et des chefs des autres groupes. La tentative d’évincer et la première adjointe, et le président de notre groupe, lors de l’élection des délégués au T12, en aurait été une première étape.

En tout état de cause (et ce point fait l’unanimité), si c’est une question d’honnêteté, alors ce n’est pas Natalie qui doit partir, et dans les autres cas non plus !

L’Utopie

Pour certains , il faut également défendre « l’Utopie » que représentait l’Union citoyenne : l’idée d’un accord municipal, par-delà les désaccords entre les partis à l’échelle nationale, régionale, départementale ou métropolitaine, afin de gérer cette ville en mobilisant les bonnes volontés, sur un programme, des valeurs, des engagements devant les électeurs, un partage équitable des responsabilités.

D’autres insistent qu’il ne faut pas partir, mais se battre là où on est, jusqu’au bout, pour faire avancer les projets pour lesquels on a été élu.

Avec les éléments parus dans la presse et sur ce site, les Villejuifois sont eux-mêmes partagés. Les uns nous disent « C’était inévitable, vous ne pouviez pas travailler avec ces gens-là – même si les autres n’étaient ni mieux ni pires. » Il s’agit souvent de personnes peu engagées dans les nouvelles activités citoyennes mises en place depuis 21 mois.

Pour d’autres, notre départ serait une catastrophe : ils pensent que tout ce que nous avons entrepris en matière d’urbanisme, de marchés publics, de vie associative, de démocratie participative, d’économie sociale et solidaire, s’effondrera si nous partons. C’est en particulier l’avis des services, avec qui nous avons appris à travailler en confiance dans nos domaines de délégations, les mobilisant avec des projets innovants. C’est aussi l’avis de beaucoup d’acteurs associatifs qui se sont investis et qui développent enfin des projets grâce aux nouvelles orientations municipales.

Toutefois, nos maires-adjointes témoignent de l’extrême difficulté à « tenir », si Natalie est virée : « Déjà, même les choses les plus simples comme la Garderie éphémère ou acheter des chaises pour les réunions à Gérard Philipe demandent des efforts surhumains, des dizaines de micro-conflits avec le cabinet. Même les cadeaux tombés du ciel comme l’arrivée de Môm’Artre à Villejuif, ils mettent des bâtons dans les roues. Alors si en plus Natalie n’est plus là, nous n’arriverons pas à faire la Régie de quartier, l’Épicerie solidaire, les Conseils citoyens, etc ».

5. Les décisions

Unanimement, l’Atelier considère que la première bataille est d’empêcher la destitution de Natalie qui doit récupérer les délégations qui lui avaient été attribuées à l’origine de l’Union citoyenne. Si possible avant même le vote du 12 février. Ce qui ferait tomber ipso facto la plainte pour chantage, la justice suivant par ailleurs son cours sur le fond de l’affaire du marché public.

Le débat s’esquisse sur « et si on perd, on fait quoi ? » dans le cas compliqué où les chefs des 3 autres groupes parviendraient à faire voter une nouvel exécutif municipal comprenant des Avenir à Villejuif mais pas Natalie. Partir ensemble « à la Taubira » (en vélo ou à pied) ? Rester et se battre pour faire avancer les projets, jusqu’à ce que ce ne soit plus possible ?

A chaque jour suffit sa peine : pour commencer on fait bloc pour garder Natalie. Des initiatives sont prises, des nouvelles en seront données sur ce site.

En février, nous ferons le point lors de l’assemblée générale. Pensez à votre adhésion !

Post-Scriptum.

Une pétition a été lancée contre la destitution de Natalie, vous pouvez la signer ici (n’oubliez pas de répondre au mail de confirmation !

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