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25 novembre 2013
Natalie Gandais

La cantine, les fèves et la laïcité

Dans le premier « 4 pages » de campagne, d’une part nous annoncions une première liste de propositions, dont l’introduction d’un choix de plats végétariens à la cantine, et d’autre part nous donnions la parole à Madame Corneille, porteuse d’une pétition de 600 signatures de parents qui demandent qu’on leur accorde la possibilité de repas sans viande à la cantine.

Le fait que Madame Corneille porte un foulard musulman nous a valu deux types de critiques, sur la forme et sur le fond, et a relancé le débat sur les diverses conceptions de la laïcité.

Nous souhaitons aujourd’hui faire le point sur cette question.

1. Sur la forme

Certains nous reprochent d’avoir fait droit à l’expression d’une personne qui montre sa religion. Ce n’est pourtant pas la première fois ! Nous avons salué l’initiative de sœur Colette : la création d’un jardin potager à l’église Sainte-Colombe pour nourrir les plus démunis. Personne n’avait protesté… Il s’agirait donc, de la part de nos critiques, d’un refus de la religion musulmane, ou plus exactement de la « visibilité » de nos concitoyennes et concitoyens de confession musulmane.

Rappelons simplement que la loi française sur la presse de 1881, punit les « discriminations à caractère national, racial ou religieux ». Quant à l’argument selon lequel « la religion doit rester dans la sphère privée » (c’est à dire à la maison), il faut rappeler la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Elle fut rédigée en 1947, à l’issue d’un conflit où les persécutions raciales et religieuses avaient conduit à l’assassinat de 6 millions de Juifs, avec la complicité active des l’État française, de certains intellectuels et d’une partie de la population, désorientée par les malheurs de la France et abusée par leurs discours de haine. Cette déclaration est aujourd’hui ratifiée par tous les États du monde (qui la respectent plus ou moins). Elle est très précise  : Article 18 : Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

A Villejuif, deux demandes à caractère religieux font débat : la construction de la deuxième mosquée et la demande de possibilité de repas sans viande à la cantine. Pour éclairer les réponses qu’il convient de donner dans le cadre d’une municipalité, les Ateliers de l’Avenir à Villejuif ont organisé en février dernier une réunion publique très suivie (compte-rendu ici). Y participaient des représentants de tous les cultes présents à Villejuif, ainsi qu’un professeur de droit. Nous y revenons plus loin.

Les membres de L’Avenir à Villejuif sont athées ou croyants, pratiquants ou pas, de toutes religions, ils et elles ont des opinions parfois bien arrêtées sur l’existence ou l’inexistence de Dieu ou sur la valeur d’un rite consistant à porter un foulard ou de manger ceci ou cela. Pourtant, nous sommes clairement décidés à ce que notre ville, que nous avons l’intention d’administrer demain, respecte la liberté religieuse. Nous refusons qu’on oppose les Villejuifois et Villejuifoises les uns aux autres sous des prétextes religieux.

Publier le témoignage de Madame Corneille, avec sa photo, était notre façon reconnaître son droit à la liberté d’expression et à la liberté religieuse.

2. Sur le fond : le libre choix végétarien

La crise alimentaire mondiale, qui se traduit par une famine généralisée sur la planète (un enfant de moins de 10 ans meurt de faim toutes les 5 secondes) et la « malbouffe » dans notre pays, a des causes multiples. Une des causes en est l’extension du modèle de repas « viande à tous les repas » qui se généralise depuis les années 1960 : il faut 10 fois plus de terres agricoles pour obtenir un kilo de protéines animales que pour un kilo de protéines végétales. Les terres disponibles sur la planète n’y suffisent pas, le prix du grain augmente dramatiquement. Tous les programmes scientifiques visant à nourrir la planète et à offrir une alimentation de bonne qualité (si possible « bio ») aux habitants de France, de l’Europe et du monde, recommandent de sauvegarder les terres agricoles et de diminuer la consommation de viande. Ils sont rejoints sur ce dernier point par les diététiciens.

Il existe deux groupes d’enfants et de parents qui, dores et déjà, demandent à ce que soient servis dans les cantines, pour les parents et les enfants qui le souhaitent, des repas sans viande : les végétariens pour des raisons écologiques, diététique ou par répugnance envers l’idée de manger d’autres animaux, et celles et ceux qui s’y refusent par ce que cela les empêche de respecter leurs rites religieux.

L’obstination de certains responsables de restauration collective à fournir, malgré cela, de la viande à tous les enfants est cause de gaspillage, puisqu’elle n’est pas consommée et donc jetée. La recherche d’une solution est de simple bon sens : en évitant le gaspillage, on fait des économies qui permettent soit de diminuer le prix des repas, soit d’en améliorer la qualité.

Plusieurs collectivités en France, confrontées à la demande de repas sans viande, proposent désormais des plats alternatifs, sous forme de poisson, oeufs ou plat protidique végétarien. La solution « végétarienne » qui fait intervenir des combinaisons de céréales et de légumineuses est la moins coûteuse d’une part, et d’autre part satisfait « aussi » les végétariens.

La composition des repas des cantines est encadrée par un décret qui précise les grammages minimaux en protéines. Le ministère de la Santé a plusieurs fois précisé que ce décret destiné à assurer une qualité minimale des repas n’empêche aucunement la fourniture de plats végétariens, et plusieurs collectivités près de Villejuif en proposent (la mairie du 2e arrondissement, l’agglomération de Plaine de centrale du Val de Marne).

C’est pourquoi nous avons pris l’engagement, sur notre 4 pages, de proposer un plat protidique végétarien en deuxième choix à chaque plat protidique d’origine animale. Écrivons-le en gras puisque certains font mine de ne pas comprendre : il ne s’agit pas de supprimer la viande !! mais de proposer le choix entre deux plats, l’un avec viande et l’autre sans. Du coup, il allait de soi que nous soutenions la demande de Madame Corneille.

Certaines personnes nous ont déclaré que « Bon, bon, très bien si la pétition avait été présentée par des végétariens sans mobile religieux, mais là, céder à la pétition d’une femme qui porte foulard est contraire à la laïcité. » Passons sur la sottise de cet argument, qui accepte ou refuse la demande de parents selon leur coiffure, et venons-en à l’argument de « laïcité ».

Passons également sur la fielleuse attaque d’un journaliste de Marianne
, inspiré par « l’entourage de la maire de Villejuif » et par le PS de Villejuif, qui insinue que Madame Corneille serait islamiste et que nous proposerions « d’interdire » la viande.

3. La laïcité, à l’échelle communale

La laïcité est ainsi définie en France par la loi de 1905 : Article 1. La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. Article 2. La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

Bref, la laïcité est une obligation pour l’État d’assurer la liberté de conscience et de garantir  l’exercice des cultes … à condition que ça ne lui coûte rien. D’autres textes parlent de neutralité de l’État vis-à-vis des religions. Or la loi de 1905 prévoit aussi un financement de l’entretien des églises catholiques existant à l’époque, ce qui a amené le Conseil d’État, en 2011, à accepter une certaine forme de subvention aux édifices d’autres religions.

La demande de certains parents ou enfants religieux de ne pas manger de viande parce que ce serait contraire à leur culte poserait problème à la laïcité si cela coûtait de l’argent. Or c’est le contraire : leur offrir des lentilles ou des pois chiche coûte moins cher ! Refuser de répondre à cette demande est une brimade, non pas gratuite mais coûteuse, contre les enfants qui ne mangent pas la viande pour motif religieux.

Et prétendre que la Ville resterait « neutre religieusement » quand elle feint d’ignorer que, pour des raisons religieuses, certains enfants ne pourront pas manger certains plats alors qu’elle sait que d’autres les mangeront, c’est le contraire même de la neutralité.

Un membre de la majorité municipale, Monsieur Lepeltier, nous reproche aussi d’être anti laïques et anti musulmans parce que nous refusons la faramineuse subvention (2,1 millions d’euros ! ) offerte par la ville à une association musulmane pour construire un nouveau lieu de culte, en sus de celui de l’avenue Youri Gagarine, sur le site de l’ancienne gendarmerie, Nationale 7. De fait, nous sommes opposés à la démolition de cet immeuble constitué de 12 logements, initialement destiné à l’accueil d’urgence des familles…
Aujourd’hui, la « laïcité » est invoquée à toutes les sauces, tantôt pour brimer nos voisins de religion juive ou musulmane, tantôt pour habiller d’étranges opérations immobilières. L’Avenir à Villejuif évitera ces pièges.

4. Où en est la lutte de "La Cantine pour tous" ?

Les cantines de Villejuif, depuis longtemps, offrent une alternative aux enfants qui ne mangent pas de porc, et sert du poisson à tout le monde le vendredi. Elles respectent donc la laïcité en ne brimant pas certaines prescriptions religieuses. Mais elles refusent aux végétariens et aux musulmans pratiquants le service de repas sans viande et l’introduction d’un deuxième choix de plats protidiques végétarien. D’où la pétition de Madame Corneille. Reçue une première fois au début de l’année 2013 par Mme Jedrzejewski, maire adjointe en charge des écoles, elle s’était heurtée à un refus.

Désormais forte d’une pétition « Une cantine pour tous » déjà signée par 600 personnes, Madame Corneille a organisé un pique-nique, parc Pablo Neruda, samedi 16 novembre. Quoique le froid glacial en ait fait reculé plus d’une, 50 personnes sont passées (une vingtaine en permanence). Notre tête de liste, Natalie Gandais, invitée, y a pris la parole.

Impressionnée par le mouvement, la mairie a enfin rouvert les négociations. Cinq mamans, musulmanes ou végétariennes, se sont rendues à l’invitation de Mme Jedrzejewski, qui cette fois leur a donné raison sur le fond.

Elle a reconnu qu’une directive ministérielle fait obligation de servir une certaine quantité de protéines aux enfants, n’a pas contesté que ces protéines peuvent également être fournies en tant que second choix sous forme non-viande. Il n’est donc pas suffisant de dire aux parents « Si vos enfants ne mangent pas de viande, ils n’ont qu’à la laisser ». Il faut leur offrir un autre choix de protéines.

Oui mais voilà… « Les marchés de fourniture ont été passés à la Semgest en 2013, c’est trop tard, et trop compliqué de faire un avenant, il faudra attendre 4 ans. »

Nous nous réjouissons avec Mme Corneille et nos amis végétariens de cette première victoire : le deuxième choix végétarien est enfin reconnu à Villejuif comme légitime pour ceux qui le souhaitent. Nous récusons toutefois l’argument « les marchés sont passés, faudra attendre 4 ans », car les liens entre la Semgest (largement financée par les impôts des Villejuifois) et la ville sont suffisamment étroits pour qu’on puisse lui demander de modifier la composition des menus en cours de marché.

Sur ce point comme sur d’autres, il faudra donc changer d’équipe municipale pour que ça change à Villejuif.

6 - Nos engagements

1. Faire face localement à la crise alimentaire.

  • Nous réviserons le Plan local d’urbanisme et le projet de ZAC Campus Grand Parc, qui sacrifient aux promoteurs les dernières terres agricoles de Villejuif. Nous destinons le terrain des Maraîchers (quand l’horticulteur cessera son activité) et les vergers avoisinant à l’installation d’une ferme pédagogique et à un terrain d’étude des plantes aux fins de prévention du cancer.
  • Nous encouragerons la plantation d’arbres fruitiers dans les espaces collectifs et de potagers partagés à travers tout Villejuif.
  • Nous adopterons en restauration scolaire des menus à deux choix : « carné » ou « végétarien » et, avec les économies réalisées, nous accélérerons, sans augmentation de prix, le passage au « bio ».

2. Respecter la laïcité.

  • Nous réviserons le protocole d’échange avec le département acquérant pour 2,1 millions d’euros l’ancienne gendarmerie et lui rendrons sa vocation de lieu d’hébergement d’urgence pour 12 familles.
  • Nous reconnaissons le droit des musulmans de notre territoire à disposer d’un lieu de culte supplémentaire. Nous nous engageons à leur faciliter l’acquisition en pleine propriété et à un prix raisonnable d’un terrain parmi ceux dont la ville ou les organismes liés à elle (Sadev, Saf) ont déjà la propriété, en un lieu concerté avec la population, avec des possibilité de stationnement suffisantes et sans risque de gêne pour la circulation. Dans le cadre de la révision du PLU, ainsi que nous le suggérons dans notre réponse à l’enquête publique, un emplacement sera réservé à l’édification de ce lieu de culte.
  • Nous lutterons fermement contre toutes les atteintes à la liberté de religion ou d’incroyance décrite par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

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Commentaires

8 Messages

  • CBRRR 26 novembre 2013
    21:33

    Merci pour ce pas à pas pédagogique qui ne cède à aucune démagogie ce qui est une forme de résistance par les temps qui courent, temps qui pourraient bien si nous n’y prenions pas garde nous ramener à ceux obscurs qui précédèrent la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Restons en éveil, ouvrons notre intelligence et nos coeurs pour vivre ensemble dans un ville apaisée.

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  • form pet votre nom 30 novembre 2013
    23:25

    Je suis Villejuifoise depuis plusieurs années et très attachée à la fois à mon pays et aux valeurs de la République française. Je suis également particulièrement sensibilisée aux questions écologiques et donc intéressée par la liste portée par Madame Nathalie Gandais aux prochaines élections municipales. J’ai néanmoins été particulièrement choquée par l’engagement politique de Madame Sabrina Corneille montrant un signe ostentatoire de sa religion. Notre république est laïque, et si je voyais demain un élu de cette république portant le voile ou un costume religieux quel qu’il soit, je serais très inquiète sur l’avenir de mon pays, et de mes enfants. Enfin, concernant le débat sur la viande à l’école, la république n’est pas là pour s’adapter aux particularités de chacun. Comment les cantines pourraient-elles gérer par exemple des enfants dont les parents leur interdisent de manger du poisson parce que très pollués par divers pesticides et produits chimiques, ou du poulet issu d’élevages intensifs ? Bref, cela deviendrait totalement ingérable et improductifs pour tous.
    En revanche, je n’entend personne s’insurger contre le fait qu’il devient presque mission impossible de trouver un sandwich jambon/beurre dans les boulangeries de mon quartier (Hautes Bruyères). Je ne vois pas non plus, de débat soulevé contre la viande hallal qui, pourtant pourrait être un vrai sujet politique et écologique (comment un écologiste pourrait accepter qu’un animal agonise égorgé pendant 15 minutes ?). Nous voyons comment les idées religieuses s’emparent des domaines publics, à petits pas, mais de manière que je juge inquiétante....

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    • Alain Lipietz 5 décembre 2013
      12:45

      Chère Madame,

      Je vous remercie de l’intérêt que vous portez à notre liste.

      Il me semble que « montrer sa religion » en pratiquant tel ou tel rite en public n’est pas un acte « politique » mais religieux, une des grandes libertés conquises (dans le cas des Juifs) par la Révolution Française de 1789, garantie par l’État dans la loi de 1905, étendue (théoriquement !) au monde entier par la Déclaration Universelle de 1947, comme le rappelle l’article de Natalie Gandais.
      Vous vous inquiéteriez légitimement si Sabrina Corneille était candidate aux élections municipales. Ce n’est pas le cas : elle témoigne, parmi douze « citoyens engagés » que nous avons invités sur notre 4 pages, et, comme plusieurs d’entre eux, n’a pas l’intention de figurer sur notre liste. Nous avons l’intention de respecter la neutralité républicaine qui sied au conseil municipal et n’envisageons pas la possibilité qu’une ou un élu célèbre un mariage civil en portant des signes religieux ostensibles ! Le chanoine Kir, résistant, député et maire de Dijon fut le dernier religieux à porter la soutane dans l’exercice de ses fonctions républicaines et j’ignore la coutume actuelle. L’Abbé Pierre fut député de 1945 à 1950, je pense qu’’il siégeait en soutane. J’ignore les coutumes actuelles dans d’autres assemblées. Gael Giraud, un de nos plus grands économistes, membre de la Fondation pour l’Ecologie Politique, jésuite, est toujours en civil.
      Vous posez ensuite la question des menus de cantine. Notre proposition est simple : le libre choix entre protéines animales et protéines végétales, et cette proposition répond d’abord à des préoccupations écologiques. D’autres collectivités, à la demande des écologistes, des associations végétariennes ou à la demande des parents pour des raisons religieuses, adoptent ce modèle (pour s’en tenir au Val de Marne, citons l’Agglomération de Plaine Centrale, ici : http://www.agglo-plainecentrale94.fr/gourmands-gourmets.)
      Vous élargissez la question, avec raison, à la méfiance des parents vis à vis de la qualité de la nourriture. Vous citez l’exemple des poissons ou des poulets de l’élevage intensif. Hélas, toute la nourriture, sauf la « bio », est aujourd’hui gorgée de pesticides et autres composés chimiques cancérigènes ou reprotoxiques. C’est pourquoi, pour la santé des enfants, nous nous efforcerons de « passer au bio » le plus vite possible dans les cantines de Villejuif, sans augmenter le prix des repas. Ce qui est réalisable si on s’attache à diminuer les gaspillages (par exemple la viande jetée quand les enfants, pour diverses raisons, ne la mangent pas), et si on accepte de remplacer pour eux les denrées les plus chères (comme la viande) par des denrées tout aussi nourrissantes mais moins chères (comme les légumineuses).
      Vous soulevez ensuite la juste question de la souffrance animale. Comme vous avez pu le voir dans plusieurs documentaires télévisés, la question se pose massivement pour les abattoirs modernes où les bêtes sont abattues et dépecées directement dans d’atroces soubresauts. Les conditions d’élevage des poulets et des cochons en batterie sont également source de grandes souffrances, pour les animaux comme pour les humains qui travaillent dans ces élevages. C’est une des raisons du refus de la viande par de plus en plus d’adultes comme d’enfants. Si les conditions d’abatage relèvent plutôt de la réglementation nationale voire européenne, en revanche, les conditions d’élevage en bio sont satisfaisantes. Quant à la viande hallal, personne n’envisage d’en servir à la cantine !
      Enfin, vous soulevez la délicate question des boutiques d’alimentation de Villejuif, particulièrement dans les quartiers mal desservis comme le vôtre. On ne peut pas obliger un commerçant privé à diversifier son offre en fonction d’une clientèle aux exigences variées, s’il estime que ce n’est pas rentable pour lui. En revanche, nous réfléchissons aux moyens d’encourager l’installation dans tout Villejuif - et pas seulement au centre-ville - de commerces de proximité diversifiés (boucherie traditionnelle, charcuterie, traiteur, cavistes, etc).
      Vous concluez en vous inquiétant d’une possible pénétration des idées religieuses « dans des domaines publics ». En tant que futurs élus d’un pays laïc, nous nous engageons d’une part à lutter contre les discriminations anti-religieuses ou anti-athées et d’autre part à refuser que les exigences de religieux aboutissent au financement occulte d’un culte. Ainsi, nous refusons l’actuelle subvention de 2 millions 100 000 euros offert par la majorité sortante de Madame Cordillot pour la construction d’une deuxième mosquée.

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    • Daniel K 7 décembre 2013
      10:03

      Bravo Madame pour votre réponse et votre attachement à la laïcité,
      que je partage,
      Daniel

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  • Votre nom 8 décembre 2013
    12:30

    Vous écrivez dans votre article :

    "A Villejuif, deux demandes à caractère religieux font débat : la construction de la deuxième mosquée et la demande de repas sans viande à la cantine."

    Si la construction d’une mosquée est évidemment un sujet religieux, je trouve que le
    "repas sans viande"
    c’est bien autre chose que le
    "repas sans viande de porc".

    Vous devriez préciser votre pensée et votre ligne politique, car tel que vous l’écrivez il y a une confusion qui permet amalgame, attaques et calomnie. La preuve, cette interminable discussion sur 94citoyens
    http://94.citoyens.com/2013/viande-a-la-cantine-polemique-et-manifestation-a-villejuif,10-11-2013.html
    qui a commencé par une discussion sur les mots et les principes et qui dégénère en insultes et invectives.

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    • Alain Lipietz 8 décembre 2013
      15:06

      Vous avez raison ! Des centaines de parents ont signé une pétition pour demander la liberté de choix de manger des plats protidiques végétaux plutôt que sous forme de viande. Parmi les signataires on compte des personnes à motivation religieuse et d’autres à motivation végétarienne (pour des raisons écologiques ou diététiques ou de refus de la souffrance animale).
      Le problème est que ceux qui s’opposent à cette liberté de choix arguent que la personne qui a lancé cette pétition porte un foulard. Autrement dit : ils auraient peut-être été d’accord si l’initiative était venue d’une végétarienne, mais pas d’une musulmane ! Ce sont donc les adversaires de la liberté de choix des plats protidiques qui en ont fait une question religieuse : "ils faut embêter les musulmans".

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  • Votre nom 27 décembre 2013
    14:40

    Bravo pour les progrès dans le domaine de la cantine pour tous : une petite avance pour les droits de l’homme en France.

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  • Marie 3 avril 2015
    13:31

    Bonjour,

    Très intéressée par la question de l’alternative aux protéines animales dans les menus de cantine à Villejuif, je viens de trouver votre article, dont je vous remercie pour la qualité.

    Près d’un an et demi après où en est-on de cette mise en place ? Le marché de 4 ans avec la Semgest a t-il pu être renégocié ?

    Merci par avance !

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