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5 novembre 2019
Alain Lipietz

Quartier Condorcet/Bizet : arracher jusqu’au dernier arbre ?

L’école Simone Veil a entrainé l’abattage de 64 arbres. En face, le bois du « terrain Bizet » va être détruit. Trois tilleuls résistent encore à l’obstination bétonière du maire. Pour combien de temps ?

Nous nous réjouissons de l’inauguration, enfin, de l’école des Réservoirs (devenue "Simone Veil") programmée depuis le mandat Cordillot. Hélas ! Durable peut-être mais pas très verte, cette réalisation. En face, le bois du « Terrain Bizet » va être détruit en faveur du promoteur Pichet. Entre les deux, 3 beaux tilleuls occupent une placette à l’angle Bizet-Condorcet. Dans le cadre du contrat avec Fayolle pour faire des travaux de voirie à la place du Grand Orly Seine Bièvre, le maire veut les couper sous prétexte d’ y mettre … une aire de jeu pour enfants en plein carrefour !

Les tilleuls de la placette Condorcet-Bizet

Il fallait bien sûr sacrifier le petit bois protégeant les Réservoirs de la Ville de Paris pour construire l’école devenue « Simone Veil ». Mais ces arbres, comme ceux du terrain de l’autre côté de la rue Bizet, n’étaient pas là par hasard. Occupant le haut d’une pente abrupte, ces deux petits bois retenaient les eaux de ruissellement. Voyez sur cette photo aérienne vue depuis Paris : au centre les deux réservoirs, au dessus le bois abattu pour l’école, à gauche le bois du terrain Bizet (et la rue Bizet qui descend vers Emile Zola), à droite la descente de la Nationale 7.

Nous avons déjà parlé du très contestable projet « Inventons la Métropole du Grand Paris », sur le « terrain Bizet », terrain appartenant lui aussi, pour deux tiers, à la Ville de Paris (ex-département de la Seine). Le maire a donné son feu vert au lieu de décider de maintenir cette forêt urbaine : c’est le promoteur Pichet qui emporte le morceau. Le promoteur est lui aussi mobilisé dans la campagne pré-électorale du maire "Villejuif se révèle" : il y aura, parmi les "prestations haut de gamme", une "maison de la biodiversité"... sur un bois rasé ! Très drôle.

Mais l’obstination du maire contre les arbres va plus loin. Entre les deux petits bois condamnés survit une placette avec un bouquet de tilleuls qui marque encore le caractère anciennement boisé de ce quartier :

Il veut la détruire pour installer une aire de jeu, sur un carrefour qui va être extrêmement fréquenté avec la construction du grand ensemble Pichet.

Les riverains se mobilisent pour les derniers arbres du quartier, sonnant chez toutes les personnes qui pourraient faire quelque chose. Pour notre part, nous avons lancé un « recours gracieux » au maire pour sauver ces arbres, et avertissons le Préfet.

Pourquoi un contrôle du Préfet ? En effet, on ne voit pas à quelle décision du conseil municipal cela correspond. Un indice : qui va faire le sale boulot ? L’entreprise Fayolle, à qui le maire a confié son contrat illégal de voierie, qui lui permet de jeter par les fenêtres l’argent des Villejuifois pour montrer que « lui au moins, pas comme le Grand Orly Seine Bièvre, fait des travaux de voierie. » Cette affaire avait créé une crise avec le GOSB, voir ci-dessous la lettre de son président. Le Préfet a émis des observations et épluche les factures Fayolle…

Une école pas si écologique

Mais remontons la rue Condorcet à partir de la placette. On longe un mur en béton austère :

Un centre de rétention ? Non, l’école Simone Veil. Les parents nous affirment que c’est plus chouette à l’intérieur, mais ce mur concerne aussi les riverains. Et on arrive au parvis de l’école : une sinistre dalle asphaltée où, dès que viendra la canicule, les parents et enfants devront poireauter sous un soleil de plomb, tandis que les pluies, qui seront de plus en plus violentes avec le changement climatique, se répandront directement dans la rue Condorcet…

Comment peut-on encore commette de telles sottises en plein XXIe siècle ? On savait F. le Bohellec hostile au bio, fidèle à la viande. Mais on croyait qu’il lisait les journaux, qu’il avait entendu parler du changement climatique ! Dans de nombreuses villes du monde, comme Montréal, on commence à casser l’asphalte et le béton des places, des trottoirs, pour planter des roses trémières le long des murs, des arbres sur les places… Vite : que les écolos prennent le pouvoir à Villejuif pour retravailler l’environnement de cette école !

En fait c’est dès l’origine que F. Le Bohellec a souhaité écarter la solution la plus écologique compte tenu des nouveaux règlements nationaux… ou même locaux ! Dans Villejuif Notre Ville il se vante qu’elle ait un toit végétalisé : c’est obligatoire sur tous les toits terrasses depuis le PLU de 2015 ! Et certes il y aura des panneaux solaires… mais alors pourquoi pas sur les autres ?

Lors du concours d’architectes, Natalie Gandais, alors membre du jury, défendait un projet en bois, très beau (le bois, ça fixe les gaz à effet de serre). Par trois fois, le directeur adjoint promu par F. Le Bohellec lui a répondu « C’est pas conforme au PLU ». Pourquoi ? Pas de réponse.

En conseil municipal, nous avons voté contre le projet parce qu’il ne prévoyait pas de cuisine pour « cuisiner frais ». Après des années de bagarre, le maire a concédé « un repas végé par mois ». Aujourd’hui la loi impose « un par semaine » et les maires se plaignent qu’ils ne sont pas équipés en cuisines pour ça . À qui la faute ?

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